Activités du secteur
Description du secteur
Le secteur de l’agriculture et de la pêche est un secteur très large qui couvre l’exploitation des ressources naturelles végétales et animales et comprend les activités de culture, d’élevage, de chasse, de sylviculture et d’exploitation forestière. La pêche et l’aquaculture font également partie de ce secteur(1).
Au sein du sous-secteur de la culture et production animale, chasse et services annexes, on distingue :
- les cultures non permanentes (céréales, riz, légumes, cannes à sucre, tabacs, etc.);
- les cultures permanentes (vignes, fruits, plantes à épices, plantes aromatiques, etc.);
- la reproduction de plantes (pépinières, plantes destinées à la plantation, etc.);
- la production animale (élevage vaches laitières, bovins, chevaux, ovins, porcins, volailles, etc.);
- la culture et élevage associés;
- les activités de soutien à l’agriculture et le traitement primaire des récoltes (activités agricoles exercées pour le compte de tiers comme le traitement des récoltes, la pulvérisation, la taille des arbres, la récolte, etc. ; les activités de soutien à la production animale comme les activités en rapport avec l’insémination artificielle, la tonte d’ovins, les activités des maréchaux-ferrants, etc.);
- la chasse, piégeage et services annexes.
Le sous-secteur sylviculture et exploitation forestière comprend :
- la sylviculture et autres activités forestières (production de bois sur pied, culture de taillis, etc.);
- l’exploitation forestière (production de bois rond, de bois à des fins énergétiques, etc.);
- la récolte de produits forestiers non ligneux poussant à l’état sauvage (champignons, baies, liège, glands, etc.).
- les services de soutien à l’exploitation forestière (inventaire des forêts, conseil en gestion et administration des forêts, évaluation des bois, etc.).
Le dernier sous-secteur, pêche et aquaculture, est composé de :
- la pêche (en mer et en eau douce);
- l’aquaculture (en mer et en eau douce).
Le secteur aujourd'hui
Le secteur de l’agriculture a sensiblement évolué au cours des dernières années. Le secteur s’est fortement mécanisé, le développement de la mécanisation a été lent et progressif. Les progrès de la mécanisation sont à la fois quantitatifs et qualitatifs: machines plus puissantes mais aussi plus précises. Le secteur s’est même informatisé alors qu’auparavant, le travail de la terre et l’élevage étaient exclusivement manuels. Le GPS est de plus en plus utilisé pour gagner en précision sur les machines agricoles.
Aujourd’hui, en plus des savoirs agronomiques, le métier d’ agriculteur exige des connaissances en mécanique, électromécanique, hydraulique et informatique mais aussi de lourds investissements financiers. Une des conséquences de la mécanisation est la diminution de la main d’oeuvre nécessaire dans l’exploitation (depuis les années nonante, la main-d'oeuvre dans l’agriculture n’a cessé de diminuer), le regroupement de certaines exploitations entre elles afin de rester compétitives ou leur arrêt définitif. Depuis les années nonante, on observe à la fois une chute du nombre d’exploitations dans ce secteur et une augmentation de leur taille en termes de superficie exploitée ou de taille du cheptel.
Cependant la mécanisation permet de réduire le temps de travail et d’augmenter la productivité des exploitations.
« Grâce aux machines et, de plus en plus, à l’informatique, un agriculteur a vu sa vie se simplifier sur quelques dizaines d’années. Actuellement, un tracteur réalise en une journée un travail qui nécessitait auparavant la collaboration de plusieurs hommes pendant parfois une semaine. Chez lui, l’agriculteur possède sur son ordinateur un logiciel pour comparer la rentabilité des récoltes. Branché sur Internet, il s’informe des recherches effectuées ou des conseils de spécialistes. »(2) « Auparavant, la vie à la ferme suivait un rythme très régulier, ponctué par la traite des vaches, qui se déroulait à 6h le matin et à 18h le soir, (...). Aujourd’hui, nous avons une salle de traite, chaque bête a son box, et il ne faut plus qu’une seule personne pour traire 70 vaches. Cela prend 1h30, alors qu’auparavant il fallait plus de 2h par personne ! »(3).
Outre la mécanisation et l’utilisation de nouvelles technologies, le secteur de l’agriculture doit s’adapter aux différentes normes (régionales et européennes), être attentif aux exigences de sécurité alimentaire et sanitaire. Suite aux différentes crises (vache folle, grippe aviaire, fièvre aphteuse, dioxine, etc.), le consommateur est devenu plus sensible à la qualité des produits alimentaires. En cas de doute sur la qualité, ce dernier n’hésite pas à changer ses comportements de consommation, entraînant des lourdes pertes pour les producteurs. Afin de prévenir et de maîtriser les crises, le secteur de l’agriculture s’est vu confronté à un accroissement drastique des normes de sécurité alimentaire et des contrôles de qualité. Tout ceci a été lourd à assumer pour les agriculteurs tout en étant un atout essentiel de qualité pour le consommateur. Certains agriculteurs se sont orientés vers les cultures ou l’élevage biologique (produits possédant l’appellation biologique) exigeant pourtant le respect de normes sévères.
Exercer un métier dans l’agriculture demande également des connaissances en gestion administrative. Que ce soit pour l’élevage ou les cultures, les exploitations agricoles sont de véritables entreprises où le temps consacré aux exigences administratives est de plus en plus conséquent. Bon nombre d'entreprises se sont dotées d’outils de gestion. " Le travail intellectuel est devenu aussi important que les tâches manuelles. Il faut posséder des notions de gestion et être attentif aux exigences de sécurité alimentaire et sanitaire. Mais aussi se tenir au courant de la Politique Agricole Commune (PAC) pour obtenir des aides, ce qui implique de savoir remplir des documents administratifs et un suivi quotidien pour ne pas manquer des fonds(4).
Depuis 1962, la politique Agricole Commune européenne influence le secteur de l’agriculture. La PAC évolue en permanence en fonction des objectifs de compétitivité et de rentabilité du secteur agricole et des règles de commerce internationale. La commission européenne définit, par le biais de la PAC, le cadre réglementaire dans lequel des denrées agricoles peuvent être produites ou introduites en Europe. La PAC intervient de différentes manières dans les échanges économiques agricoles : par le biais de subventions directes aux exploitations, par le biais de quotas de production, par le biais de barrières douanières et de restitutions à l’exportation, etc. La réforme de 2003 met en place la politique agricole à, l’horizon 2013 et la sortie du financement actuel garanti, la fin des subsides .La réforme de la PAC de 2013 a pour enjeu l’organisation future des marchés. Cette tendance à la libéralisation des marchés constitue un grand changement pour les agriculteurs qui vont devoir repenser la rentabilité de leur entreprise.
Une autre caractéristique du secteur agricole est sa dépendance aux conditions climatiques et au rythme des saisons. Un mauvais temps peut impacter le volume de la production mais aussi la qualité de celle-ci. De plus exercer un métier dans ce secteur offre peu de repos et demande une bonne condition physique. « Malgré la mécanisation, l’agriculteur devra toujours se lever à l’aube et savoir résister à une journée de travail sur le terrain. Il a peu ou pas de vacances. Certains font parfois appel à des services de remplacement du personnel en cas de manque temporaire de personnel. Travail contraignant, mais aussi gratifiant pour l’agriculteur quand il voit ses champs s’étaler, prometteurs de récoltes dont il a donné le départ »(5).
Aujourd’hui, afin d’atteindre une rentabilité satisfaisante - remise en question par la réforme de la PAC - les agriculteurs sont appelés à réfléchir davantage à leur mode et type de production. Certains choisissent de se spécialiser en utilisant des technologies de pointe, cherchent à être davantage des managers pour bien investir, bien acheter sur les marchés mondiaux (influencé par la volatilité des prix) et à être en même temps ingénieur biologiste, branché sur la recherche et le développement, cas des grandes cultures. D'autres choisissent de s'orienter vers de nouveaux créneaux permettant de diversifier leur source de revenu. La labellisation, la transformation des produits et leur vente directe (fromages, glaces, foie-gras, escargots, autruches, lapins, etc.), le tourisme à la ferme (gîte, fermes pédagogiques, restauration, etc.), la boucherie à la ferme, ... sont autant d'exemples de diversification. Ces débouchés connaissent un grand succès auprès des consommateurs. Ce type d’activité fait apparaître une agriculture de plus de proximité et plus durable, où l’agriculteur est à l’écoute des consommateurs, avec une vision plus "marketing", cherche à répondre à la diversité des demandes et est soucieux de la mise en place de labels et de marques.
Les agriculteurs doivent faire face à leur position difficile, ils sont coincés entre un amont (des fournisseurs de machines, de graines) et un aval (les chaînes de distribution) très concentrés. Cette situation les amène à rechercher de nouveaux modes de commercialisation ou de négociation.
Les utilisations non alimentaires des productions agricoles connaissent également un important développement. La production d’énergie verte est un nouveau créneau prometteur pour l’agriculture, tant par l'attrait pour les nouvelles formes d’énergie (bioénergie, biocarburants, biomasse) que dans le souci de revoir ses méthodes pour diminuer la consommation d’énergie (intérêt grandissant pour le photovoltaïque et la biométhanisation). L’isolation dans la construction constitue un nouveau créneau de diversification prometteur pour l’agriculture avec des matériaux comme le lin, le chanvre, les petits ballots de paille, la laine de mouton.
Concernant la pêche, les Wallons se sont orientés vers l’élevage de poissons d’eau douce. De plus, plusieurs piscicultures se sont spécialisées dans les truites fraîches, fumées ou en escabèches. La hausse de consommation de poisson au niveau européen rend ce secteur de plus en plus intéressant.
La sylviculture et l’exploitation forestière constituent le premier stade de la filière bois, c’est le stade où la matière "bois" est produite, exploitée et mise sur le marché. Les pépinières forestières sont souvent de petites entreprises familiales qui peuvent faire appel à certains moments à de la main d’oeuvre saisonnière (pour les sapins de Noël par exemple) .Dans ce domaine d’activité, la complexité technique des outils, des machines a fortement augmenté ces dernières années. Certains autres pépiniéristes se sont plus diversifiés et réalisent aussi des aménagements de parcs et jardins. Cet autre domaine d’activité est en plein développement. Près de 80% des forêts belges sont situées sur le territoire wallon. Depuis quelques années, le prix du bois a connu une forte hausse liée à la forte demande en provenance d’Asie et au développement du bois "énergie".
(1) SPF Economie, P.M.E., Classes Moyennes et Energie, NACE-BEL 2008 Nomenclature des activités économiques avec notes explicatives
(2) M. Decoster et A. Lore, Les Métiers de la Terre, Service d’Information sur les Etudes et les Professions, 2000.
(3) E. Devillers et C. Godard, Travailler avec les Animaux, Service d’Information sur les Etudes et les Professions, 2005.
(4) Idem
(5) M. Decoster et A. Lore, Les Métiers de la Terre, Service d’Information sur les Etudes et les Professions, 2000.