Activités du secteur
Description du secteur
Le secteur du commerce de détail (1) comprend le commerce de biens neufs ou d’occasion essentiellement destinés à la consommation des particuliers ou des ménages, par des magasins, des grands magasins, des comptoirs et des kiosques, des maisons de vente par correspondance, des colporteurs et des marchands ambulants, des coopératives de consommateurs, des maisons de ventes aux enchères, etc. Le secteur se subdivise en plusieurs sous-secteurs :
- Le commerce de détail en magasins non spécialisés. Ce sous-secteur comprend les magasins d’alimentation générale, les supérettes, les supermarchés, les hypermarchés mais aussi les grands magasins et magasins proposant une large gamme de produits (alimentaires, boissons, habillement, articles de sport, cosmétiques, etc.).
- Le commerce de détail alimentaire en magasin spécialisé. Ce sous-secteur comprend les commerces de détails de fruits et légumes, boucherie, poissonnerie, confiserie, commerce de détail de boissons, tabac, etc.
- Le commerce de détail de carburants automobiles en magasin spécialisé.
- Le commerce de détail d’équipements de l’information et de la communication en magasin spécialisé (ordinateurs, consoles de jeux vidéo, télévisions, etc.).
- Le commerce de détail d’autres équipements du foyer en magasin spécialisé. Ce groupe comprend le commerce de détail d’équipements ménagers, tels que textiles (tissus, linges de maison, fils à tricoter, etc.), quincailleries, tapis, appareils électriques ou meubles, etc.
- Le commerce de détail de biens culturels et de loisirs en magasin spécialisé. Ce sous-secteur comprend le commerce de livres, journaux et périodiques, enregistrements musicaux et vidéo, articles de sport, jeux et jouets, etc.
- Les autres commerces de détail en magasin spécialisé. Ce groupe est composé de la vente d’une gamme particulière de produits non couverts ailleurs dans la nomenclature, tels que les articles d’habillement, chaussures et maroquineries, produits pharmaceutiques et médicaux, montres, souvenirs, produits d’entretien, armes, fleurs, animaux de compagnie, biens d’occasion, etc.
- Le commerce de détail sur éventaires et marchés. Ce sous-secteur reprend le commerce de détail de tous types de produits neufs ou d’occasion présentés sur des éventaires, généralement mobiles, installés sur la voie publique ou sur un emplacement de marché déterminé.
- Le commerce de détail hors magasin, éventaires ou marchés. Ce groupe comprend le commerce de détail par correspondance, par Internet, par démarcheurs, par distributeurs automatiques, etc.
- La répartition de biens personnels et domestiques. Ce sous-secteur comprend la réparation et l’entretien de biens personnels et domestiques.
Le secteur aujourd'hui
"Ces trois décennies ont vu le commerce évoluer de manière radicale. Les commerçants, qui se concentraient à l’origine sur la distribution proprement dite (disposer les marchandises à temps dans les rayons), offrent à présent toutes sortes de produits et de services. Le concept « commerce » s’est donc considérablement élargi. Le paysage commercial a évolué à un rythme effréné. En 1978, il n’était pas encore question d’e-commerce, de commerce mobile, et des secteurs tels que le catering et les chaînes de restaurants en étaient encore à leurs balbutiements. Le commerce a dû sans cesse faire face à de nouveaux défis dans les domaines de la mobilité, de la sécurité et de la durabilité." (2)
De manière générale, le secteur de la distribution est un secteur économique important. Il représente 11 % du Produit Intérieur Brut de la Belgique. Avec 6,4 % de l’emploi salarié du pays, il est le cinquième pourvoyeur d’emplois salariés. Son chiffre d’affaires a enregistré une croissance ininterrompue depuis 1999 (+ 53 % en 9 ans) pour atteindre près de 75 milliards d'euros en 2008. Avec plus de 2 milliards d’euros d’investissements en 2008, le commerce de détail se place en sixième position (5,3 %), derrière les secteurs des services aux particuliers et aux entreprises (22,3 %), des transports et logistique (13,0 %), de la finance, banques et assurances (9,1 %), de la construction (6,0 %) et du commerce de gros (5,9 %).
En mai 2010, la Fedis déclarait " Malgré la crise, l’emploi a continué sa progression en 2009. Depuis 2001, 34 400 emplois ont été créés dans le secteur du commerce de détail (...) la sécurité de l'emploi se porte plutôt bien dans le secteur du commerce. Aucun poste n'a été perdu, même durant la période de crise : mieux encore, l'emploi se maintient " (3).
Selon l'Enquête mensuelle de conjoncture auprès des entreprises de la BNB de septembre 2010, "la confiance des chefs d'entreprise belges s'est raffermie en septembre, pour le troisième mois consécutif. Dans le commerce, ce sont essentiellement les anticipations en matière de commandes qui se sont relevées" (4).
"L’introduction du PC dans les magasins de détail a eu pour effet de modifier considérablement les systèmes d’information des commerces de détail ainsi que les procédés de contrôle de marchandises. Au départ, le détaillant utilisait l’ordinateur pour effectuer la comptabilité et gérer l’emploi des ressources humaines mais les possibilités sont devenues illimitées et permettent actuellement de traiter les flux d’information de l’amont et de l’aval.
La technologie est aussi bien présente dans les petits que dans les grands établissements. « Les caisses automatisées, les kiosques et le matériel de point de vente, les systèmes informatisés portables de recensement des stocks et de gestion, les réseaux électroniques pour la fixation des prix, la surveillance électronique des articles, les scanneurs intégrés aux comptoirs, les outils de gestion de la main-d'oeuvre (...) font parties des applications technologiques devenues courantes dans de nombreuses opérations modernes du commerce de détail » (Organisation Internationale du Travail, 2006, p.4).
Les rapports entre les producteurs et les distributeurs ont aussi été affectés par la technologie, suite à la généralisation de l’emploi du code barre sur les produits. Au niveau de la logistique, la technologie permet notamment de suivre les produits le long de la chaîne, de réduire les délais d’approvisionnement. Au niveau commercial, elle aide notamment à la gestion prévisionnelle en permettant d’estimer les montants des ventes par magasin. Au niveau du consommateur, la technologie a notamment donné lieu à des nouvelles formes de ventes (commerce en ligne)."(5)
BeCommerce, la fédération belge des sociétés actives dans la vente à distance, indique que "le commerce en ligne ne cesse de croître dans notre pays (+ 17 % en 2009) et prévoit une nouvelle hausse d'au moins 15 % en 2010. Fin 2010, notre pays comptera plus de 6.000 webshops actifs, avec une moyenne de cinq nouvelles ouvertures de sites de vente en ligne par jour ouvrable. Le montant moyen de chaque transaction est également en progression. Les transactions de plus de 500 euros augmentent de plus de 9 %. Les produits les plus vendus sur Internet sont les articles de décoration, les vêtements et les accessoires de mode. Ces conclusions ressortent d'une étude de marché commandée par BeCommerce, réalisée par le bureau d'études iVox, combinée avec les statistiques d'Ogone, spécialiste des paiements en ligne. Ces dernières années, l’e-commerce a connu une évolution positive, même dans notre pays qui, pourtant, se situe un peu à la traîne en matière d’achats en ligne par rapport à nos pays voisins. L'entrée de détaillants très classiques de la distribution et l'intérêt croissant des personnes âgées et des femmes pour les achats en ligne devraient faire progresser encore ce type d'achat. Mais cela ne signifie pas pour autant que le consommateur déserte les magasins physiques au profit des magasins en ligne. Différentes possibilités s’offrent à lui et il les met toutes à profit. Il semble que le multicanal soit l’avenir du commerce de détail. Koen De Staercke de Deloitte affirme que la mode est au multicanal et à l’intercanal : De cette manière, le consommateur est clairement actif. Il fait les premiers pas par le biais de l’intercanal, même s’il ne s’agit que de rechercher les premières informations. Il regarde, compare, cherche les avis d’autres consommateurs et passe ensuite à l’achat en ligne ou dans le magasin physique. Il faut passer d’un canal à l’autre sans transition : le magasin, Internet, le téléphone. (...) Le magasin physique reste important. Le virtuel va prendre de l’importance pour les commerçants qui n’utilisent actuellement qu’un seul canal, et ils devront donc évoluer vers une approche multicanal. Par ailleurs, le multicanal va également devenir essentiel pour le commerçant qui n’utilise que la vente en ligne. Dès lors, il est nécessaire de réfléchir et de travailler à une bonne intégration. "(6)
La Commission européenne a d'ailleurs établi, en avril 2010, un nouveau règlement qui encadre les accords "verticaux" entre les producteurs et les distributeurs, lequel intègre désormais Internet comme canal de vente, c'est-à-dire l'e-distribution. (7)
La vente en deuxième main est aussi en plein essor. En effet, étant donné que les cycles de vie de certains appareils tels que les électroménagers ou la Hifi, par exemple, se réduisent progressivement, des consommateurs cherchent à se débarrasser d'objets parfois récents. Des magasins achètent ainsi des objets qui sont ensuite revendus avec, généralement, une garantie. Il existe aussi des associations qui oeuvrent autour du recyclage. Outre les traditionnelles brocantes, il existe aussi des sites qui permettent la rencontre directe entre le client et l'acheteur. Le leader mondial de la vente aux enchères en ligne a, depuis quelques années, un site belge. Sur ebay.be, les biens culturels et le high-tech ont toujours les faveurs du marché mais on peut véritablement y acheter ou vendre tout et n'importe quoi ! Le site deuxièmemain.be ainsi que Delcampe sont également actifs dans ce domaine. Contrairement aux idées reçues, les adeptes de l'achat en deuxième main ne sont pas des personnes à faible revenu. Cette clientèle recherche le meilleur rapport qualité-prix, l'objet original ou apprécie le vintage. De plus, ils sont séduits par le fait de privilégier le développement durable et souhaitent donner une nouvelle vie aux objets. (8)
(1) SPF Economie, P.M.E., Classes Moyennes et Energie, NACE-BEL 2008 Nomenclature des activités économiques avec notes explicatives
(2) COMEOS, la fédération du commerce et des services, 17 novembre 2010, http://www.comeos.be
(3) Fedis, Fedis News, mai 2010 , Dominique Michel, Administrateur délégué de Fedis.
(4) BNB, Enquête mensuelle de conjoncture auprès des entreprises - septembre 2010
(5) Étude sur la compétitivité dans le secteur de la distribution, 20 septembre 2010, Conseil Central de l'Economie, http://www.ccecrb.fgov.be/txt/fr/doc10-1290.pdf
(6) BeCommerce
(7) voir http://ec.europa.eu/competition/antitrust/legislation/vertical.html.
(8) Edition du 04/08/2010 - © leforem.be - Société: Une nouvelle vie pour les objets délaissés !