Activités du secteur
Description du secteur
La classification Nace-Bel (1) distingue différentes rubriques au sein du champ de la santé :
- Les activités vétérinaires. Ce sous-secteur comprend les activités de soins et de contrôles vétérinaires exercées sur des animaux de ferme et sur des animaux de compagnie ainsi que les activités des ambulances pour animaux.
- Les activités hospitalières. Cette rubrique comprend les services médicaux, chirurgicaux et techniques c'est-à-dire les diagnostics, les soins, les interventions chirurgicales, les analyses, les services d’urgence, l’hébergement (y compris le logement et les repas), etc. Ces activités peuvent être dispensées dans des établissements hospitaliers généraux, spécialisés, gériatriques, psychiatriques, des maternités, des sanatoriums, des centres de revalidation, ainsi que dans d’autres établissements de santé qui offrent des services d’hébergement.
- Les activités des médecins et dentistes. Ce sous-secteur englobe les consultations données et les soins dispensés par les médecins généralistes et spécialistes, ainsi que les activités de pratique dentaire de nature générale ou spécialisée (orthodontie, parodontologie,...). Ces activités peuvent être exercées dans des cabinets privés, des cabinets de groupe et des cliniques procurant des soins ambulatoires ou dans des établissements similaires attachés à des entreprises, des écoles, des maisons pour personnes âgées, des organisations professionnelles, ainsi qu’au domicile des patients. Les maisons médicales entrent dans cette rubrique.
- Les autres activités pour la santé humaine. Cette rubrique comprend une diversité d’activités dont celles des laboratoires médicaux, centres de collecte de sang, banques de sang et d’organes, le transport par ambulance, les activités relatives à la santé mentale, les activités de revalidation ambulatoire (dont celles des kinésithérapeutes, logopèdes, ergothérapeutes, etc.), des praticiens de l’art infirmier et des sages-femmes, etc. Le sous-secteur des « soins à domicile » en fait partie.
- Les activités de soins infirmiers résidentiels. Ce sous-secteur couvre notamment les activités de maisons de repos et de soins (MRS).
- Les activités de soins résidentiels pour personnes âgées ou avec un handicap moteur. Cette rubrique englobe les activités des maisons de repos pour personnes âgées (MRPA), des résidences service pour personnes âgées, des activités de soins résidentiels pour adultes et mineurs avec un handicap et moteur ainsi que d’autres activités de soins résidentiels pour personnes âgées ou avec un handicap moteur.
Sur le terrain, d’autres catégories que celles du Nace-Bel sont généralement utilisées pour évoquer les sous-secteurs de la santé (2). Parmi la multitude d’activités évoquées, on peut globalement distinguer les activités de type ambulatoire menées notamment dans des cabinets privés, maisons médicales, centres de santé mentale ou services pour personnes toxico-dépendantes, de celles avec hébergement menées par dans des hôpitaux, maisons de repos ou autres. Les catégories du terrain distinguent par ailleurs plus finement le type d’activité menée et le type de public pris en charge. On parlera ainsi des sous-secteurs des hôpitaux, des personnes âgées (repris ci-dessus en partie dans les « Activités de soins infirmiers résidentiels » et en partie dans les « Activités de soins résidentiels pour personnes âgées ou avec un handicap moteur »), des maisons médicales, des soins à domicile, etc.
Pour finir, il est important de noter que la séparation entre les secteurs « action sociale » et « santé » n’est pas toujours très tranchée, certains établissements étant à cheval sur les deux secteurs (notamment dans le champ du handicap, de la santé mentale ou des toxicodépendances) ou intervenant sur les deux niveaux. Des professionnels de l’action sociale sont actifs dans le secteur santé, des paramédicaux dans l’action sociale.
Le secteur aujourd'hui
« Le secteur des soins de santé belge est reconnu pour être un des meilleurs du monde ! » (3) En effet, la qualité de la formation mais aussi l’accessibilité des soins de santé grâce à l’intervention de l’Assurance maladie font la réputation de notre système.
Celui-ci connaît aujourd’hui des transformations importantes, majoritairement liées aux évolutions technologiques et au vieillissement de la population (4).
On assiste tout d’abord à une croissance importante du secteur de la santé humaine. Pour certaines fonctions, la demande de main d’oeuvre est même aujourd’hui telle qu’elle ne peut être satisfaite : une pénurie importante de personnel se fait sentir depuis quelques années au niveau du personnel infirmier mais d’autres professions commencent à être touchées. En 2009, le FOREM a identifié une pénurie pour les métiers de médecin généraliste et spécialiste, infirmier en soins généraux et en soins spécialisés, ostéopathe, chiropracteur, kinésithérapeute, opticien-optométriste et opticien-lunetier (5). Pour les médecins et infirmiers, cette pénurie tient principalement aux conditions de travail : horaires décalés et variables, pénibilité physique, stress, etc. La féminisation des professions médicales et paramédicales ainsi que l’adoption du numerus clausus dans les études de médecine sont parfois aussi avancés pour expliquer certaines pénuries dans le secteur, ainsi que les conditions de travail.
En plus d’engendrer une forte croissance du secteur, le vieillissement de la population entraîne une augmentation du nombre de pathologies lourdes rencontrées. Ce facteur couplé aux évolutions technologiques de ces dernières années a des conséquences importantes sur les métiers du secteur et l’organisation des soins de santé.
Dans le secteur hospitalier, le recours à des technologies médicales de plus en plus avancées engendre un coût important que les institutions ne savent plus assumer seules. On assiste ainsi à la fusion et à la privatisation de nombreuses institutions qui se spécialisent autour de certaines activités et dans le cadre de l'élaboration de bassins de soins. En parallèle, les métiers tendent eux aussi à se spécialiser (c’est le cas notamment de la fonction d’infirmier). Dans un esprit de rentabilité, le temps d’hospitalisation des patients diminue tandis que d’autres lieux se médicalisent.
C’est notamment le cas des maisons de repos. Dans le secteur des personnes âgées, l’entrée de plus en plus tardive des résidents en institution, la hausse des pathologies lourdes et la diminution du temps de séjour en hôpital entraînent en effet une augmentation du nombre de lits dit « MRS », c’est-à-dire de lits réservés à des personnes âgées nécessitant des soins. Les professionnels du secteur sont de plus en plus confrontés aux problématiques de la démence et de l’accompagnement de fin de vie. En parallèle, les évolutions technologiques transforment ici aussi les métiers. L’utilisation de bracelets électroniques (en cas de démence) ou de technologies de détection des chutes impliquent par exemple une utilisation accrue des outils informatiques de la part du personnel. Comme dans le secteur des hôpitaux, on assiste par ailleurs à la privatisation de nombreuses institutions. Si dans le secteur hospitalier elles prennent la forme d’asbl, elles tendent plutôt ici à se commercialiser.
A côté des évolutions dans le secteur des hôpitaux et des personnes âgées, l’augmentation de l’espérance de vie entraîne une croissance importante du secteur des soins à domicile. Devant la pénurie du personnel infirmier, des réflexions sont actuellement menées pour tenter de rentabiliser un maximum le travail du personnel soignant dans ce secteur. Dans les années à venir, le profil des infirmiers et des aides-soignants va probablement évoluer pour pouvoir faire face à la demande.
Un autre champ important dans le secteur de la santé humaine est celui de la santé ambulatoire, dont font partie les cabinets privés, centres de santé mentale, services pour personnes toxico-dépendantes ou encore les maisons médicales. Ce champ est lui aussi en expansion. Pour ne parler que du sous-secteur des maisons médicales : ces institutions sont moins directement touchées par les évolutions technologiques et le vieillissement de la population. De par leur proximité avec les populations plus défavorisées, le travail y comporte une forte dimension humaine qui offre aux travailleurs du secteur un fort sentiment d’utilité directe mais les expose aussi à plus d’agressivité et de risques que dans d’autres secteurs.
En ce qui concerne les métiers du secteur, ils sont très variés et comportent pour la plupart une forte dimension humaine. Les principaux métiers sont bien entendu liés aux soins. Il s’agit des médecins, infirmiers, aides-soignants, professions paramédicales (tels que kinésithérapeutes, ergothérapeutes, logopèdes, etc.), professionnels de la santé mentale (tels que les psychologues, psychiatres, psycho-thérapeutes, etc.).
La fonction d'infirmière représente la première fonction du secteur en terme de nombre de travailleurs actifs. Les infirmiers sont présents dans l’ensemble des grands sous-secteurs mais sont particulièrement représentés dans les hôpitaux et les services de soins à domicile. Ce métier connaît aujourd’hui des évolutions importantes liées à la spécialisation de ses activités. Ainsi, l’exigence de diplômes et de spécialisations augmente : les institutions ont aujourd’hui davantage tendance à rechercher des infirmiers bâcheliers que des brevetés et le port de titre(s) et/ou qualification(s) professionnelle(s) particulière(s) devient un enjeu important.
Le métier d’aide-soignant représente pour sa part la fonction la plus importante dans le secteur des personnes âgées mais son importance augmente également dans le secteur hospitalier. Dans les institutions de soins (MRPA, MRS, Centres de Soins de Jour, maison de soins psychiatriques, hôpital...), seuls les aides-soignants enregistrés comme tels auprès du SPF Santé Publique sont aujourd’hui autorisés à poser les actes relevant légalement de cette fonction. Au terme de la période transitoire en cours, les membres du personnel soignant enregistrés provisoirement devront avoir suivi une formation spécifique de 120 heures pour pouvoir obtenir leur enregistrement définitif.
A côté des professions directement liées aux soins, de nombreuses autres professions sont présentes dans le secteur, tels que le personnel administratif, technique, logistique, de cuisine ou encore d’entretien.
Texte rédigé en collaboration avec l'APEF
(1) SPF Economie, P.M.E., Classes Moyennes et Energie, NACE-BEL 2008 Nomenclature des activités économiques avec notes explicatives
(2) Association Paritaire pour l'Emploi et la Formation asbl - Secteur non-marchand privé francophone et germanophone
FE-BI asbl - Fonds fédéraux et bicommunautaire du non-marchand privé
(3) C. Godard et I. Sammiez, Les métiers de la Santé et des soins Infirmiers, Service d’Information sur les Etudes et les Professions, 2006.
(4) Association Paritaire pour l'Emploi et la Formation asbl - Secteur non-marchand privé francophone et germanophone
FE-BI asbl - Fonds fédéraux et bicommunautaire du non-marchand privé
(5) Le Forem, Détection des métiers et Fonctions critiques en 2009, Marché de l’emploi, septembre 2010.
Autres lectures :
Le Forem, Les attitudes et les pratiques à l’égard de la gestion des ressources humaines dans l’écosystème du NON-MARCHAND en Région wallonne - Série 1 : Hôpitaux et maisons de repos, Charleroi, 2006
Health system in transition, Belgium health system review, vol. 12 n°5 2010, Centre federal d’expertise des soins de santé.
Médicine générale : comment pouvoir l’attraction et la rétention dans la profession ? - KBC report 90B, Centre fédéral d’expertise des soins de santé, 2008.
INAMI, Rapport annuel 2009.
Le cadastre en médecine générale et les maisons médicales, Santé conjuguée - avril 2009 - n° 48