Les défis de l’avenir restent nombreux et le développement économique en 2011 s’inscrit dans un contexte économique encore marqué par la crise économique de ces dernières années. Néanmoins, le Brabant wallon, comme la Wallonie, possède de nombreux atouts sur lesquels doivent se construire les actions de demain.
Les actions à mener doivent se concentrer sur un taux d’emploi trop bas, un chômage qui reste élevé, surtout chez les jeunes (- de 25 ans), les travailleurs âgés (+ de 50 ans) et le public peu qualifié. Si l’esprit d’entreprise ne donne pas toujours l’impression d’être ancré dans la culture wallonne, le nombre d’indépendants continue d’augmenter et affiche des niveaux importants en Brabant wallon.
L’analyse de l’évolution des différents indicateurs du marché de l’emploi met en avant un retour au vert après deux ans de crise et de réels progrès en matière d’emploi, de chômage et de mobilité des travailleurs. Si la crise n’a pas épargné le Brabant wallon, son impact est resté assez limité et sur le marché de l’emploi, l’amélioration a été perceptible tant au niveau du chômage temporaire, de la demande d’emploi que des embauches des entreprises.
Ces évolutions positives marquent une certaine reprise de l’activité économique. Pourtant, les projections révèlent une conjoncture moins favorable à partir de la fin de l’année 2011 et pour 2012. L’évolution du marché de l’emploi, réagissant généralement en décalage par rapport à l’économie réelle, reste donc incertaine.
Si certains secteurs comme la santé et l’action sociale, le commerce ou encore l’enseignement et l’industrie manufacturière sont de gros pourvoyeurs d’emploi en Brabant wallon, tous ne présentent pas les mêmes évolutions ou les mêmes potentiels de croissance. De plus, d’autres secteurs, bien que regroupant moins de postes de travail, représentent de réelles opportunités de redéploiement économique par leur potentiel de croissance, tant au niveau de l’emploi qu’en terme de valeurs créées. En Brabant wallon, il s’agit surtout de l’industrie chimique et pharmaceutique, des activités techniques et scientifiques ou des activités liées à l’informatique.
Près de 380 000 personnes vivent sur les 1090 km² de la Province du Brabant wallon, soit 11 % de la population totale wallonne. Parmi celles-ci, près de 250 000 personnes ont entre 15 et 64 ans, c'est-à-dire qu’ils sont en âge de travailler. Toutes ces personnes en âge de travailler ne sont cependant pas de facto disponibles sur le marché du travail, et cela, pour plusieurs raisons : obligation scolaire jusqu’à 18 ans, prépension, activité bénévole, etc. Plus de 170 000 Wallons sont actifs sur le marché du travail. Parmi ceux-ci, environ 150 000 exercent effectivement un emploi (salariés, indépendants ou aidants).
Comme dans la plupart des pays européens, la Belgique connaît un vieillissement de sa population et présente un nombre plus important de personnes âgées de plus de 64 ans que de jeunes de moins de 15 ans. Toutefois en Wallonie, comme à l’échelle de la province, le constat est sensiblement différent. En effet, la population du Brabant wallon compte à ce jour plus de jeunes que d’âgés. Néanmoins, depuis plusieurs années, l’écart tend à se résorber ce qui met clairement en évidence ce phénomène de vieillissement.
Le tissu économique en Brabant wallon révèle une grande diversité. Les 9 683 établissements recensés (+ 1,1% entre 2008 et 2009) regroupent un nombre important de petites et moyennes entreprises (près de 80 % des établissements emploient moins de 10 personnes). A côtés de ces petites structures, les grandes entreprises restent les principaux pourvoyeurs d’emploi. En effet, les établissements occupant plus de 100 personnes (4 % du total des établissements) rassemblent près de 40 % de l’emploi salarié brabançon.
L’activité indépendante en Brabant wallon se développe bien mieux que dans le reste de la région. Entre 2003 et 2010, le nombre d’indépendants (hors aidants) recensé par l’INASTI a progressé de 18,9 % contre + 11,5 % sur l’ensemble de la Wallonie. Un indépendant sur cinq en Brabant wallon effectue son activité en complément d’un emploi salarié.
Le Brabant wallon dénombre 115 726 postes de travail salarié. Les grands secteurs pourvoyeurs d’emplois sont le commerce (16,5 % des postes), l’industrie manufacturière (15,6 %), la santé humaine et l’action sociale (13,5 %) et l’enseignement (12,7 %). Ensemble, ces secteurs regroupent plus de 50 % de l’emploi salarié de la Province.
Bien qu’entre 2003 et 2009, le Brabant wallon a connu une croissance de l’emploi salarié supérieure à celle du niveau régional (+ 18,4 %, contre 8,5 %), l’impact de la crise sur l’emploi peut en partie se mesurer via l’évolution des postes de travail sur les années 2008-2009. Et le constat est clair : la crise économique a provoqué un réel ralentissement aux différents niveaux. Néanmoins, à l’échelle de la province, le solde de l’emploi sur cette période reste positif (+ 0,7 % en Brabant wallon contre - 0,1 % au niveau régional). Néanmoins, depuis 2010, l’emploi a renoué avec le chemin de la croissance comme l’attestent les chiffres pour la Wallonie : + 1,2 % entre le troisième trimestre 2010 et le troisième trimestre 2011 (+ 1,1 % au niveau national), selon les dernières estimations rapides de l’ONSS.
L’analyse de la mobilité des travailleurs offre un niveau d’analyse supplémentaire à celui des postes de travail salarié. La localisation du Brabant wallon, à la frontière avec la Flandre et avec Bruxelles-capitale, impacte directement la dynamique de mobilité au sein de la province. Ce sont en effet chaque jour plus de 50 000 travailleurs qui quittent le Brabant wallon pour aller travailler ailleurs (dont 66% vers Bruxelles) ; ce sont également plus de 45 000 personnes provenant de tout le royaume qui viennent travailler en Brabant wallon. Ces volumes importants font de la province du Brabant wallon, le territoire wallon le plus empreint aux flux de mobilité.
A la fin du 1er semestre 2011, le chômage est revenu à un niveau proche de celui d’avant la crise débutée en 2008. La bonne tenue du chômage en Brabant wallon face à la crise économique ne doit cependant pas faire oublier que le nombre de demandeurs d’emploi reste élevé. Fin décembre 2011, le Forem dénombre en Brabant wallon 16 585 demandeurs d’emploi demandeurs d’allocations et jeunes en stage d’attente (soit 9,8 % de la population active). Parmi ces personnes, 20,9 % sont âgées de moins de 25 ans, 37,6 % n’ont pas dépassé le niveau de l’enseignement secondaire du 2ème degré.
Bien qu’en progrès par rapport à l’ensemble de la Wallonie, le faible niveau de qualification de la demande d’emploi reste en Brabant wallon une problématique bien présente. Ce n’est pas le résultat de la crise ; ce constat est posé depuis plusieurs années et souligne combien le risque d’enlisement dans le chômage pour les personnes les moins qualifiées est réel.
Bien que le niveau de la demande d’emploi en Wallonie soit élevé, il est encore difficile de trouver des candidats pour certains métiers. Le Forem a identifié 47 professions dont 37 en pénurie de main-d’œuvre. Quelques exemples en Brabant wallon : infirmier, couvreur, soudeur, électricien en bâtiment, chef de chantier construction, mécanicien ou encore responsable logistique. Wallonie).
L’ampleur de la crise et ses effets sur l’emploi ont amené le Forem Brabant wallon à proposer une réponse globale pour y faire face et préparer la reprise.
Le Forem de Nivelles va agir sur l’accompagnement individualisé, en permettant à tous les demandeurs d’emploi de bénéficier d’un accompagnement individualisé d’un an et ce à proximité de leur domicile, en augmentant le nombre d’adressages vers les opérateurs de l’appel à projets, vers le Carrefour Emploi Formation et vers Forem Formation. A ces actions, il faut ajouter la mise en œuvre d’une prise en charge spécifique pour les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans, l’accentuation de l’information sur le travail en Flandre et l’augmentation du nombre d’offres d’emploi remises aux demandeurs d’emploi accompagnés.
Une seconde thématique est de favoriser la mise à l’emploi et d’augmenter le taux d’emploi. Un ensemble d’outils existe pour positionner le demandeur d’emploi par rapport à un métier appris ou à des compétences acquises par l’expérience. On peut citer la RECAF (reconnaissance des compétences acquises en formation) qui est une épreuve intégrée relative à l’ensemble des modules qui constituent le contenu de la formation, le screening informatisé, … D’autres actions participeront à l’atteinte de cet objectif : les formations alternées, le recours plus systématique à des stages de fin de formation, la visite d’entreprises avec les stagiaires, l’organisation de journées d’information pour les entreprises du secteur marchand, la continuité de certaines formations dont celles dans le domaine de la vente et de la distribution pour répondre aux besoins du marché et notamment dans le cadre de l’extension du shopping de Nivelles, ainsi que l’amélioration de l’offre de formation de Forem Formation.
La thématique suivante est la confrontation avec le monde de l’entreprise. Pour ce faire, le Forem Brabant wallon organisera des séances de sensibilisation et de recrutement des demandeurs d’emploi pour les entreprises à postes multiples, veillera à augmenter le nombre de stages de mise en situation professionnelle, le nombre d’essais métiers, mais aussi spécialisera les conseillers référents sur base des opportunités d’emploi locales, organisera deux salons de l’interim (février à Wavre et mars à Nivelles) ainsi que le Salon de l’Emploi à Louvain-la-Neuve en octobre 2012.
Le déficit de qualification, l’obsolescence des compétences, la non-maîtrise de nouveaux outils ou procédés dans un monde du travail en perpétuelle évolution sont autant de freins à l’intégration sur le marché de l’emploi. La Formation professionnelle constitue souvent un tremplin vers l’emploi. C’est pourquoi le Forem Brabant wallon veille à développer les compétences et les comportements professionnels en mettant en œuvre une formation dans les métiers de la construction, de l’industrie et des compétences tertiaires notamment.
Les candidats à la formation professionnelle expriment souvent des difficultés quant au choix d’une profession. Des entretiens face à face ne suffisent pas toujours à donner une image réaliste des métiers et à susciter l’envie. Le Forem Brabant wallon déploie une stratégie d’orientation en proposant les essais métiers du Centre de formation mais également ceux organisés par les EFT et l’IFAPME et développe l’offre d’orientation au sein du Carrefour Emploi Formation,
Le Forem se penche également sur la mise à l’emploi des publics éloignés dans le cadre du DIISP en organisant des séances de sensibilisation et de recrutement de demandeurs d’emploi peu qualifiés, en développant une offre de formation spécifique pour ce public et en l’accompagnant de manière soutenue.
La mobilité des demandeurs d’emploi vers la Flandre est aussi une thématique importante pour le Forem Brabant wallon. Comme on l’a remarqué dans l’Etat des lieux socio-économiques du Brabant wallon, les déplacements domicile-travail des salariés résidents sont très nombreux. C’est pourquoi le focus sera spécialement mis sur une meilleure information du travail en Flandre, un accompagnement vers l’acquisition de compétences favorisant l’insertion en Flandre et la réalisation de tests en néerlandais.
Le Forem continue de gérer les réserves de main-d’œuvre pour répondre aux pénuries pour certains métiers dans la Province. Pour ce faire, il est important de réaliser des auto-positionnements, des screenings de compétences ; de mettre en place une formation pour le secteur de l’Horeca sur le territoire et développer les actions de la plateforme agro-alimentaire.
Soutenir la reprise économique auprès des entreprises en prospectant les entreprises qui s’installeront sur le territoire et particulièrement dans les zonings et poursuivre l’approche personnalisée et différenciée des entreprises du territoire en proposant au cas par cas les dispositifs d’aides financières utiles, voilà des missions du service aux entreprises qui seront renforcées cette année.
Et la liste des thématiques ne serait pas complète si on omettait de parler des liens à établir avec le secteur de l’enseignement. En effet, pour améliorer les chances d’insertion des jeunes issus des filières qualifiantes sur le marché de l’emploi, un décret vise la création d’instances sous-régionales de pilotage et l’octroi d’incitants favorisant un redéploiement plus efficient de l’offre de l’enseignement qualifiant dans une perspective territoriale. Le Forem s’y inscrit comme partenaire actif et collabore aux actions de sensibilisation des représentants du monde scolaire aux réalités socio-économiques sous-régionales, à la logique de concertation et de co-responsabilité des différents acteurs de l’enseignement qualifiant en soutenant notamment la mise sur pied de la manifestation de la Province du Brabant wallon sur le territoire en mars 2012.
Pour plus d'informations :
Isabelle Mahy, chargée de communication
067/ 28 08 04 - 0477/ 43 17 38
isabelle.mahy@forem.be
Fichiers à télécharger