Les défis pour la Wallonie sont nombreux et le déploiement de son économie en 2011 s’inscrit dans un contexte économique encore incertain après la récente crise économique. La Wallonie possède néanmoins des atouts pour l’avenir.
Ces forces résident en sa population encore relativement jeune, à l’étendue de son territoire présentant des espaces encore inoccupés, à des spécialisations sectorielles dont certaines sont soutenues par le Plan Marshall.
Parmi les faiblesses, un taux d’emploi trop bas et un taux de chômage élevé, notamment parmi les jeunes et les personnes moins qualifiées. L’esprit d’entreprise n’est pas très ancré dans la culture wallonne et le nombre d’indépendants croît moins vite que dans les deux autres régions.
Les récentes évolutions du marché de l’emploi montrent toutefois de réels progrès en matière d’emploi, de mobilité des travailleurs ou de chômage. La Wallonie a pu faire face aux effets de la crise économique et a vu, depuis 2010, le retour au vert de divers indicateurs économiques. Sur le marché de l’emploi l’amélioration a été perceptible tant au niveau du chômage temporaire, de l’activité
intérimaire, de la demande d’emploi que des embauches des entreprises.
Cette reprise de l’activité économique, bien que modérée, marque toujours de ses effets le marché de l’emploi, bien que la conjoncture apparaisse moins favorable depuis la mi-2011. Dès lors, l’évolution du marché de l’emploi pour 2012 demeure incertaine, celui-ci réagissant habituellement avec plusieurs mois de décalage par rapport à l’économie réelle.
Si certains secteurs comme la santé, l’administration, l’industrie manufacturière, l’enseignement ou encore le commerce sont de gros pourvoyeurs d’emploi pour la région, tous ne présentent pas les mêmes évolutions ou les mêmes potentiels de croissance. Par ailleurs, nombreux sont les secteurs qui, bien que regroupant moins de postes de travail salarié, connaissent une croissance soutenue de
l’emploi représentant ainsi de réels atouts pour le redéploiement économique de la région. La deuxième partie de cet état des lieux dresse un portrait détaillé de ces secteurs porteurs.
La Wallonie est un territoire de 16 844 km2 où vivent près de 3 450 000 personnes, soit un peu moins d’un tiers de la population belge. armi celles-ci, plus de 2 300 000 personnes sont en âge de travailler, c'est-à-dire âgées de 15 à 64 ans. Toutes ces personnes en âge de travailler ne sont cependant pas de facto disponibles sur le marché du travail, et cela, pour plusieurs raisons : obligation scolaire jusqu’à 18 ans, prépension, activité bénévole, etc. Plus de 1 555 000 Wallons sont actifs sur le marché du travail. Parmi ceux-ci, environ 1 300 000 exercent effectivement un emploi (salariés, indépendants ou aidants).
Comme dans la plupart des pays européens, la Belgique connaît un vieillissement de sa population et présente un nombre plus important de personnes âgées de plus de 64 ans que de jeunes de moins de 15 ans. La situation au sein des régions est toutefois sensiblement différente. Si à Bruxelles et en Wallonie, il y a encore aujourd’hui plus de jeunes que de personnes âgées, en Flandre, la tendance est inversée. Toutefois, d’ici 2020, le nombre de personnes âgées devrait dépasser le nombre de jeunes également dans le sud du pays.
Le tissu économique wallon est d’une grande variété. Les 79 566 établissements recensés en Wallonie regroupent un nombre important de petites et moyennes entreprises (près de 80 % des établissements emploient moins de 10 personnes). Ces PME côtoient de très grandes entreprises pourvoyeuses de nombreux emplois (si seuls 2 % des établissements emploient plus de 100 personnes, ils n’en fournissent pas moins 40 % de l’emploi salarié wallon).
Si l’activité indépendante en Wallonie se développe, c’est toutefois à un rythme moins soutenu que dans les autres régions. Entre 2003 et 2010, le nombre d’indépendants (hors aidants) recensé par l’INASTI a progressé de 11,5 % contre + 16,2 % sur l’ensemble du Royaume. La Wallonie se démarque des autres régions par une part plus élevée d’indépendants exerçant leur activité à titre complémentaire d’un emploi salarié.
La Wallonie dénombre 993 185 postes de travail salarié. Les grands secteurs pourvoyeurs d’emplois sont la santé humaine et l’action sociale (17,3 % des postes), l’administration (13 %), l’industrie manufacturière (12,9 %), l’enseignement (12,6 %) et le commerce (12,5 %).
Bien qu’entre 2003 et 2009, la Wallonie a présenté une croissance de l’emploi salarié plus soutenue qu’au niveau national entre (+ 8,5 %, contre 6,8%), la crise économique n’a pas épargné le marché de l’emploi en 2009 (- 0,1 % en Wallonie contre - 0,4 % au plan national). Néanmoins, depuis 2010, l’emploi a renoué avec le chemin de la croissance : + 1,2 % entre le 3ème trimestre 2010 et le 3ème trimestre 2011 (+ 1,1 % au niveau national), selon les dernières estimations rapides de l’ONSS.
Les postes de travail salarié et les indépendants occupés sur un territoire ne permettent pas de cerner pleinement la dynamique de l’emploi d’une région. L’analyse de la mobilité des travailleurs offre un niveau d’analyse supplémentaire. Les salariés wallons sont proportionnellement plus nombreux à être occupés dans une autre région (17,1 %) que les flamands (11,8 %). Par ailleurs, la Wallonie s’avère proportionnellement plus « attractive » pour les résidents extérieurs : 8,6 % des emplois salariés wallons sont occupés par des travailleurs résidant en dehors de la Wallonie (dans une autre région ou pays).
A la fin du 1er semestre 2011, le chômage est revenu à un niveau proche de celui d’avant la crise débutée en 2008. La bonne tenue du chômage wallon face à la crise économique ne doit cependant pas faire oublier que le nombre de demandeurs d’emploi reste élevé en Wallonie. Fin décembre 2011, le Forem dénombre en Wallonie 212 751 demandeurs d’emploi (D.E.) demandeurs d’allocations et
jeunes en stage d’attente. Parmi ces personnes, 22 % sont âgées de moins de 25 ans et un peu plus de la moitié n’a pas dépassé le niveau de l’enseignement secondaire du 2ème degré. Enfin, quatre sur dix sont inoccupés depuis deux ans et plus.
Le faible niveau de qualification des demandeurs d’emploi en Wallonie n'est pas le résultat de la crise. Ce constat est posé depuis plusieurs années et souligne combien le risque d’enlisement dans le chômage pour les personnes les moins qualifiées est réel.
Bien que le niveau de la demande d’emploi en Wallonie soit élevé, il est encore difficile de trouver des candidats pour certains métiers. Le Forem a identifié 47 professions dont 37 en pénurie de maind’oeuvre. Quelques exemples : infirmier, couvreur, soudeur, tuyauteur industriel, mécanicien de maintenance, maçon ou encore les ingénieurs.
La mobilité professionnelle des personnes est une tendance de fond qui prend de l’ampleur. Les transitions professionnelles peuvent être de natures diverses : premier emploi à la sortie des études (pour lequel le diplôme demeure le meilleur atout) ; suite à un licenciement ou à la fin d’un contrat non renouvelé ; après une période de retrait du marché de l’emploi ou encore par envie de changer d’emploi ou d’employeur. Qu’elle soit voulue ou subie, la transition professionnelle constitue une période charnière où les services publics de l’emploi ont un rôle central d’intermédiation à jouer.
Pour plus d'informations :
Stéphanie Wyard, Porte parole du Forem - 0473/ 80 66 47
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