Secteurs d'activités

Industries extractives

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L'activité principale de l'industrie extractive est celle de l'extraction des matières premières (1) et des opérations annexes nécessaires au transport et à la commercialisation de ces produits. L'extraction concerne des produits énergétiques (houille, pétrole, gaz, uranium, etc.) et non-énergétiques (minerais métalliques, pierres, sables, argiles, etc.). La Belgique possède un sous-sol riche qui est principalement exploité en Wallonie. 

Ce secteur joue un rôle important dans notre quotidien, notamment dans la production de biens tels que les routes et les bâtiments mais aussi le dentifrice, le sucre, le verre, le verre optique, etc. Le Belge consomme ainsi, par an, 6,4 tonnes de pierres extraites des carrières du pays. 

L’année 2020 a connu une crise sanitaire et économique exceptionnelle dont les effets continueront à toucher, dans différentes mesures, plusieurs pans de l’économie en 2021. Si la grande majorité des sites de production sont restés en activité, la production a été réduite en raison de la faible demande. En effet, l’activité de l’industrie extractive dépend de nombreuses chaines industrielles dont notamment du secteur de la construction. Or ce secteur a connu une baisse de son activité au début de la crise, activité qui depuis connaît des signes de reprise.  

Même si le savoir-faire belge, reconnu internationalement, s'exporte bien, le secteur ne représente qu'une faible part en matière de nombre d'emplois et d'entreprises. 

 

   Nombre d'établissements en 2019  Nombre de postes de travail salarié en 2019  Nombre de travailleurs indépendants en 2019 (1)
Wallonie 85 1.853 22
Bruxelles-Capitale 2 89 1
Flandre 32 489 19
Belgique 119 2.431 42

Sources : ONSS - statistiques décentralisées juin 2019 et INASTI 2019, calculs le Forem

 

(1) Les indépendants exerçant en Belgique et résidant à l’étranger sont comptabilisés uniquement au niveau du pays. La somme des indépendants pour les 3 régions peut donc être inférieure au nombre d’indépendants en Belgique.

 

Activités du secteur

Description du secteur

Le secteur des industries extractives comprend les activités d'extraction de produits minéraux trouvés à l'état naturel sous forme solide (houille et minerais), liquide (pétrole) ou gazeuse (gaz naturel) ainsi que les opérations annexes telles le transport et la commercialisation de ces produits (1) .

Le secteur des industries extractives est composé de plusieurs sous-secteurs basés essentiellement sur le type de matière extraite.

Les deux premiers sous-secteurs concernent l'extraction de combustibles fossiles c'est-à-dire l'extraction de houille et de lignite ainsi que l'extraction de pétrole brut et de gaz naturel. Vient ensuite l'extraction de minerais métalliques ; l'extraction de pierres, de sables et d'argiles ; l'extraction de minéraux chimiques, d'engrais minéraux, de tourbe et la production de sel, etc.

Le secteur est également composé des services de soutien aux industries extractives qui comprennent, notamment, les services d'exploration par les méthodes classiques de prospection, comme le prélèvement d'échantillons et les observations géologiques ainsi que les forages.


Le secteur aujourd'hui

La Belgique possède un sous-sol riche qui recèle d'importantes ressources pouvant être exploitées. 

Le secteur de l'industrie extractive comprend trois sous-secteurs (1)

  • les roches ornementales (marbre, pierre bleue, petit granit, etc.) ; 
  • les granulats (roches gréseuses, sables, graviers, etc.) ; 
  • les industries transformatrices (chaux calcique, chaux magnésienne, briques, etc.). 

Si le secteur de l'extraction représente peu d'emplois au niveau du pays (2.431 emplois salariés, dont près de 8 sur 10 sont localisés en Wallonie), il se hisse néanmoins à la neuvième place des secteurs exportateurs avec une valeur de plus de 11 milliards d'euros en 2019. 

Derrière ces indicateurs, se cachent d’intenses discussions que mène le secteur notamment avec le monde politique et administratif, dans le cadre de l'accès aux ressources naturelles, base de son activité. En effet, l'accès à ces ressources est vital pour la pérennité du secteur et d'une manière générale, l'évolution quasi permanente du cadre réglementaire rend difficile l'anticipation des choix stratégiques. Cependant, les procédures d’accès aux ressources se font progressivement moins ardues, bien qu’elles soient extrêmement encadrées. 

La grande majorité des entreprises actives dans le domaine de l'industrie extractive est constituée de PME. Celles-ci doivent s’adapter à la législation environnementale (souvent à l'occasion du renouvellement de leurs permis) et la considèrent souvent comme exerçant une pression pour la viabilité de leurs activités. Les permis d'exploiter sont accordés difficilement et sont assortis de contraintes qui sont autant de charges sur leurs activités économiques (code de développement environnemental, charte sectorielle « Carrières & biodiversité », « Carrières et Emission de poussières et particules fines », etc.). 

La santé du secteur de l’extraction est également influencée par l’activité d’autres secteurs dont celui de la construction qui est le premier marché de l’extraction. L’année 2020 a connu une crise sanitaire et économique exceptionnelle dont les effets continueront à toucher, dans différentes mesures, plusieurs pans de l’économie en 2021. Si la grande majorité des sites de production sont restés en activité, la production a été réduite en raison de la faible demande. En effet, l’activité de l’industrie extractive dépend de nombreuses chaines industrielles dont notamment du secteur de la construction. Or ce secteur a connu une baisse de son activité au début de la crise, activité qui depuis connaît des signes de reprise. 

On ne peut évidemment parler de l'industrie extractive sans souligner l'aspect environnemental. La fédération de l’industrie extractive Belge (FEDIEX) indique à ce propos que le secteur est confronté à un grand nombre de projets de réglementation qui touchent de près ou de loin l’activité extractive. Quelques exemples : décret sur la réglementation sol, arrêté relatif à la gestion et à la traçabilité des terres ou le Livre III du Permis d’Environnement. Conscient de son impact sur l’environnement, le secteur de l’extraction met en place des synergies avec d’autres secteurs, notamment celui de la production de minéraux. Par exemple, les eaux d’exhaure sont valorisées, traitées et distribuées dans le réseau. Les terres de découverture des nouveaux sites d’exploitation sont valorisées en fonction de leurs qualités et caractéristiques (cimenterie, briqueteries, etc.). 

La FEDIEX (2) a par ailleurs signé en 2018 avec la Fédération Inter-Environnement Wallonie une charte « Carrières et Riverains » qui vise à une cohabitation harmonieuse entre les activités extractives et les riverains des alentours. 

Au niveau de la main-d’œuvre, le secteur utilise du personnel dont la qualification va de « assez peu qualifiée » (du moins pour les activités typiques du secteur de l’extraction) à « moyennement qualifiée ».  D’une manière générale, le « niveau de qualification » des ouvriers aurait tendance à augmenter (adaptation, autonomie, autocontrôle, responsabilité). L’évolution et le maintien à niveau de la main-d’œuvre existante se fait par la formation professionnelle.

 

 

(1) SPF Economie, P.M.E., Classes Moyennes et Energie, NACE-BEL 2008 Nomenclature des activités économiques avec notes explicatives
(2) FEDIEX, Fédération de l’industrie extractive, rapport annuel 2018 et 2019

Positionnement économique du secteur

Production

En 2019, le secteur a produit au niveau national pour un montant de 652 millions d'euros. La valeur de la production enregistre une hausse de 8,8 % par rapport à 2012 mais diminue entre 2018 et 2019 (- 1,7 %). 

 

Valeur de la production du secteur entre 2012 et 2019
Source : Prodcom - Direction générale Statistique - Statistics Belgium, calculs le Forem


Commerce extérieur

Exportation

Pour l'année 2019, le secteur de l'industrie extractive belge a exporté pour un montant de plus de 11.050 millions d'euros. Cela représente 4,0 % du total des exportations belges pour cette année. Les exportations wallonnes contribuent pour 24 % à la valeur des exportations belges. Le secteur se place à la 9 ème place des secteurs exportateurs belges et à la 5 ème au niveau wallon. 

En 2019, la valeur des exportations belges du secteur a sensiblement diminué tant par rapport aux années précédentes (- 31,5 % comparativement à 2018 et - 32,2 % à 2012). En Wallonie, l’ampleur du recul est encore plus marquée : - 38,2 % par rapport à 2018 et - 44,7 % à 2012.  

Selon la Fédération de l’Industrie extractive (FEDIEX), la route est le premier mode de transport des exportations de granulats, viennent ensuite la voie d’eau et le chemin de fer.

 

Valeur des exportations du secteur selon les régions entre 2012 et 2019
Source: BNB 2012-2019, calculs le Forem

 

Importation

L'industrie extractive a importé, en 2019, pour 28.541 millions d'euros. Le secteur se place au 3 ème rang des importations belges (10,1 %), derrière les secteurs de la chimie/pharmacie et le secteur de l’automobile. La majorité des importations concernent la Flandre. Seules 2 % des importations belges concernent la Wallonie dont le montant s’élève à 636 millions d’euros. 

Hors extraction énergétique, les importations principales sont les graviers et les sables. Selon la Fédération de l’Industrie extractive (FEDIEX), les principaux pays importateurs des granulats et sables belges en 2019 sont les Pays-Bas et l’Allemagne (1) .  


(1) Fédération de l’industrie extractive (FEDIEX), L’industrie extractive en chiffres, 2019 

Entreprises du secteur

Belgique

En 2019, l'industrie extractive compte 120 entreprises (1) , soit moins de 1 % des entreprises situées en Belgique. Si le secteur dénombre une entreprise de plus qu’en 2018, la tendance à plus moyen terme est à la baisse : - 16,1 % par rapport à 2012.  

En nombre d'entreprises, le secteur se classe au 31 ème rang parmi les 34 que compte l'économie belge. 

Sept entreprises sur dix du secteur sont recensées en Wallonie. 

Nombres de postes de travail salarié du secteur selon le statut pour les différentes régions et la Belgique en 2019
Source: ONSS, statistiques décentralisées, 30 juin 2019, calculs le Forem 

 

Wallonie

En 2019, l'industrie extractive wallonne compte 85 entreprises, soit moins d’un pourcent des entreprises situées en Wallonie. Bien que leur nombre soit resté identique à 2018, il diminue de 23,4 % par rapport à 2012. 

En nombre d'entreprises, l'industrie extractive se classe ainsi au 29 ème rang des 34 secteurs d'activités wallons. 

Plus de la moitié des entreprises comptent moins de 10 travailleurs alors qu'elles sont près de 8 sur 10 dans ce cas tous secteurs confondus. Par contre, quelques grands groupes, parfois internationaux, occupent nettement plus de travailleurs. 

Répartition des postes de travail salarié entre les régions en 2019
Source: ONSS, statistiques décentralisées, 30 juin 2019, calculs le Forem

 

La province de Liège abrite un tiers des entreprises wallonnes du secteur de l’extraction. Viennent ensuite les provinces de Namur et du Hainaut avec respectivement 26 % et 21 % des entreprises du secteur. 

 

Evolution du nombre de postes de travail salarié selon le statut entre 2012 et 2019
Source: ONSS, statistiques décentralisées, 30 juin 2019, calculs le Forem 


(1) Le terme "établissement" désigne, pour les statistiques ONSS, l'unité d'établissement c'est-à-dire un lieu d'activité, géographiquement identifiable par une adresse où s'exerce au moins une activité de l'entreprise. Il ne faut donc pas confondre avec la notion d'employeur (un employeur peut compter différentes unités d'établissements). 

Emploi dans le secteur

Niveau d'emploi

Belgique

En 2019, l'industrie extractive emploie 2.431 travailleurs salariés (1) en Belgique, soit un niveau stable par rapport à 2018 (- 0,1 %) mais néanmoins moindre que celui observé en 2012 (- 19,1 %).  

76 % des travailleurs salariés du secteur sont occupés en Wallonie, très majoritairement dans le Hainaut.  

Près de 9 ouvriers sur 10 et plus de la moitié des employés travaillant dans le secteur, le sont en Wallonie. Cette ventilation géographique est fort différente de la ventilation de l'ensemble des postes de travail tous secteurs confondus. L'activité extractive est en effet une spécificité du sud du pays.

 

Nombre de postes de travail salarié du secteur selon le statut pour les différentes régions et la Belgique en 2019
Source: ONSS, statistiques décentralisées, 30 juin 2019, calculs le Forem

Répartition des postes de travail salarié entre les régions en 2019
Source: ONSS, statistiques décentralisées, 30 juin 2019, calculs le Forem


 

Wallonie

En 2019, l'industrie extractive représente en Wallonie 1.853 postes de travail salarié (1) , soit 76 % des postes du secteur en Belgique.  

Si ces dernières années, la tendance générale était orientée vers une diminution de l'emploi, depuis 2016, la situation s’est stabilisée. Le niveau de l’emploi reste toutefois bien en-deçà de celui observé en 2012 (- 26,6 %). 


Nombre de postes de travail salarié du secteur selon le statut entre 2012 et 2019
Source: ONSS, statistiques décentralisées, 30 juin 2012-2019, calculs le Forem

 

Huit postes sur dix en Wallonie sont occupés sous le statut d'ouvrier, deux sur dix sous celui d'employé.  

Le secteur de l’extraction est presque exclusivement masculin, plus de neuf travailleurs sur dix sont des hommes.


Nombre de postes de travail salarié du secteur selon le statut et le genre en 2019
Source: ONSS, statistiques décentralisées, 30 juin 2019, calculs le Forem
 

Plus de la moitié des postes de travail wallons du secteur sont situés en Hainaut, alors que 21 % seulement des établissements y sont installés. On peut en déduire que la taille des établissements est vraisemblablement plus importante en Hainaut que dans les autres provinces wallonnes ; en province de Liège, par exemple, 2ème bassin carrier wallon, on dénombre 33 % des établissements mais seulement 11 % des travailleurs wallons du secteur. La province de Namur concentre près d’un quart de l’emploi salarié du secteur et 26 % des établissements.


Répartition des postes de travail salarié entre les provinces en 2019
Source: ONSS, statistiques décentralisées, 30 juin 2019, calculs le Forem

Les indépendants

En 2019, la Belgique comptait 42 indépendants (2) travaillant dans le secteur des industries extractives. Ce nombre est en constante baisse (ils étaient encore 66 en 2012) particulièrement du côté wallon qui regroupe un total de 22 indépendants actifs dans le secteur (contre 39 en 2012).

Evolution du nombre d'indépendants du secteur entre 2012 et 2019 pour les régions
Source : INASTI 2012 - 2019, calculs le Forem


(1) L’unité statistique « poste de travail » découle de la notion de « travailleur assujetti à la sécurité sociale ». La statistique des postes de travail occupés à la fin d’un trimestre consiste à dénombrer le nombre de travailleurs occupés par chaque employeur à la fin d’un trimestre. Les travailleurs qui, à la fin d’un trimestre, sont occupés par plus d’un employeur, sont comptabilisés plusieurs fois (ONSS). 
(2) Un travailleur indépendant est toute personne physique qui exerce en Belgique une activité professionnelle en raison de laquelle elle n'est pas engagée dans les liens d'un contrat de louage de travail ou d'un statut (INASTI). 


Commissions paritaires

Métiers du secteur

Les métiers les plus demandés par le secteur d'activités, c'est-à-dire classés par ordre décroissant du nombre d'opportunités d'emploi gérées par le Forem en 2020 en provenance de ce secteur.

Codes NACE

Le secteur Industries extractives est composé des codes Nace-Bel 2008 suivants :
  • 05.1 Extraction de houille
  • 05.2 Extraction de lignite
  • 06.1 Extraction de pétrole brut
  • 06.2 Extraction de gaz naturel
  • 07.1 Extraction de minerais de fer
  • 07.2 Extraction de minerais de métaux non ferreux
  • 08.1 Extraction de pierres, de sables et d'argiles
  • 08.9 Activités extractives n.c.a.
  • 09.1 Activités de soutien à l'extraction d'hydrocarbures
  • 09.9 Activités de soutien aux autres industries extractives

Associations sectorielles

Ci-dessous vous trouverez une liste non-exhaustive d'associations sectorielles (fédérations patronales, associations paritaires, centres de compétences, clusters ou autres).
Nom Description Lien
BELBAG

Fédération Belge des dragueurs de gravier et de sable
http://www.belbag.be
Chauxflash

Site d'information sur les utilisations de la chaux en construction et en génie civil
https://www.chauxflash.be/
FEDIEX

Fédération des industries extractives et transformatrices de roches non combustibles
https://www.fediex.be
UEPG

Union Européenne des Producteurs de Granulats
https://www.uepg.eu/
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