Secteurs d'activités

Industries du textile, de l'habillement, du cuir et des chaussures

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Le secteur des industries du textile, de l’habillement, du cuir et des chaussures est un secteur qui englobe une série d’activités diversifiées telles que la filature, le tissage, la confection de vêtements, la fabrication de textiles techniques, de tapis, de linge de maison, mais aussi de chaussures et d’articles en cuir.

Ainsi, deux branches principales se distinguent en Belgique et en Wallonie. Tout d’abord, l’industrie textile dont les activités sont liées aux processus de production : préparation des fibres textiles, production des fils, fabrication des tissus (tissage) et finalement ennoblissement. Notons que les matières premières utilisées sont variées et peuvent servir à la fabrication d’étoffes diverses comme des étoffes à maille, mais aussi des tapis ou moquettes ou encore des textiles techniques, …

La branche de la confection/mode s’applique, dans un second temps, à la confection de vêtements à partir de ces étoffes. Il peut s’agir de vêtements du prêt-à-porter mais aussi de vêtements de travail, de sport, de lingerie, …

Une troisième branche, moins conséquente en Belgique au niveau du volume d’emplois, s’attache aux métiers de la maroquinerie et de la chaussure.

Pour faire face à la concurrence internationale croissante, le secteur des industries textiles s'oriente de plus en plus vers des produits à haute valeur ajoutée comme les textiles techniques (pour l'agriculture, la construction mais aussi l'automobile, la santé, etc.) et le textile d'intérieur tout en marquant un intérêt croissant pour l'environnement et la production de nouveaux produits avec une meilleure efficacité énergétique.

L'activité de ce secteur se situe principalement en Flandre puisque cette région représente 76 % des entreprises et 87 % des postes de travail salarié ; contre respectivement 16 % et 12 % en Wallonie. Dans l’industrie du textile belge, près de trois quarts du chiffre d’affaires provient des exportations, d’où l’importance du commerce extérieur. En Wallonie, près de 63 % des postes de travail se concentrent dans le sous-secteur de la fabrication d’autres textiles (linge de lit, de table, tapis, moquettes, textiles techniques), vient ensuite celui de la préparation de fibres textiles et filature (12 %).

 

   Nombre d'établissements en 2020  Nombre de postes de travail salarié en 2020  Nombre de travailleurs indépendants en 2020  (1)
Wallonie 145 2.466 645
Bruxelles-Capitale 73 259 218
Flandre 683 18.216 2.340
Belgique 901 20.941 3.203

Sources : ONSS - statistiques décentralisées décembre 2020 et INASTI 2020, calculs le Forem

 

(1) Les indépendants exerçant en Belgique et résidant à l’étranger sont comptabilisés uniquement au niveau du pays. La somme des indépendants pour les 3 régions peut donc être inférieure au nombre d’indépendants en Belgique.

 

Activités du secteur

Description du secteur

Le secteur des industries textiles, de l'habillement, du cuir et des chaussures est composé de trois parties (1) .

La première, l' industrie textile , est constituée de différents sous-secteurs :

  • Préparation de fibres textiles et filature. Ce sous-secteur comprend les activités de préparation et la filature des fibres textiles. Les matières premières peuvent varier : soie, laine, fibres d'origine animale ou végétale, fibres artificielles ou synthétiques, papier, verre, etc.
  • Le tissage. Ce sous-secteur est composé du tissage de type cotonnier, de type lainier, de type soie et d'autres textiles.
  • L'ennoblissement textile. Ce sous-secteur reprend l'ennoblissement de textiles et d'articles vestimentaires, c'est-à-dire le blanchiment, la teinture, l'apprêtage et les activités similaires.
  • La fabrication d'autres textiles. Cette partie comprend la fabrication d'étoffes à mailles (velours, peluches, étoffes bouclées, etc.) ; la fabrication d'articles confectionnés en textile, sauf l'habillement (qui appartient à la seconde partie du secteur) et comprend la fabrication de linge de lit, de table, de toilette ou de cuisine, couvertures, rideaux, bâches, etc. ; la fabrication de tapis et de moquettes ; la fabrication de ficelles, de cordes et de filets ; la fabrication de non-tissés ; la fabrication de textiles techniques et industriels (étiquettes, écussons, tissus enduits...) ; etc.

La seconde, l' industrie de l'habillement , comprend trois sous-secteurs :
  • La fabrication de vêtements autres qu'en fourrure. Cette division reprend la fabrication de vêtements en cuir ; la fabrication de vêtements de travail ; la confection de vêtements de dessus et de dessous pour hommes, femmes et enfants ; la fabrication d'autres vêtements et accessoires tels que les vêtements de sport, les vêtements pour bébé, les chapeaux et bonnets, les cravates, les gants, etc.
  • La fabrication d'articles en fourrure qui comprend la fabrication d'articles en fourrure tels que les vêtements et accessoires (pouf, tapis) ainsi que la fabrication de pelleteries.
  • La fabrication d'articles à mailles tels que les chaussettes, les bas et les collants, les pull-overs, cardigans, gilets, chandails et autres articles similaires à mailles.

La troisième, l' industrie du cuir et de la chaussure , est composée de deux sous-secteurs :
  • L'apprêt et le tannage des cuirs ; la préparation et teinture des fourrures ainsi que la fabrication d'articles de voyage, de maroquinerie et de sellerie.
  • La fabrication de chaussures.


Remarque : Pour plus de facilité, lorsque nous parlerons des industries textiles, ce sera au sens large c'est-à-dire l'industrie textile, de l'habillement du cuir et des chaussures.


Le secteur aujourd'hui

Aujourd'hui, le secteur des industries textiles belges est principalement présent en Flandre. Pourtant, de nombreuses industries textiles étaient actives en Wallonie jusqu’au début du XXème siècle, principalement dans la province de Liège (dans les arrondissements de Verviers et de Liège particulièrement) et du Hainaut (surtout dans les arrondissements de Mouscron mais aussi de Tournai), qui sont encore actuellement les régions où se regroupent la majorité des postes de travail (68 %) et près de la moitié des établissements présents sur le territoire wallon.

Le secteur des industries textiles est orienté vers le commerce extérieur et est particulièrement concerné par la concurrence internationale. Depuis le début des années 2000, celle-ci s'est fait ressentir dans le secteur, engendrant des pertes d'emplois et des fermetures d'usines.

Par ailleurs, les industries textiles, et plus particulièrement l'industrie de l'habillement, sont des industries dont la caractéristique est la forte intensité en main-d’œuvre. Les salaires et les charges salariales en Europe et plus particulièrement en Belgique étant élevés, les prix des produits sont difficilement adaptables aux prix accordés sur les marchés internationaux. Les pays émergents comme la Chine proposent des prix imbattables pour les industries européennes.

En outre, comme la plupart des secteurs industriels, le secteur du textile a dû faire face à la crise financière et économique de 2008 : problème de liquidité, diminution de la demande intérieure et extérieure (vêtements, tapis, textiles pour véhicules automobiles, etc.), faible degré d'utilisation de la capacité de production, diminution des investissements, etc.

Pour faire face à la concurrence internationale, la mondialisation et les changements de conjoncture, le secteur des industries textiles se tourne de plus en plus vers les nouvelles technologies, les produits à haute valeur ajoutée et investit dans la recherche et le développement afin d'améliorer sa compétitivité. Les données 2021 de Fedustria indiquent que la part des textiles techniques dans la production globale belge est de 43 %, elle est suivie par le textile d’intérieur (41 %) (2) . En 2018, Fedustria indiquait dans son rapport que la part des textiles techniques dans la production globale belge était considérablement plus élevée que la moyenne européenne (environ 40 % contre 25 %). C’est pourquoi les producteurs belges de textiles techniques jouent un rôle de premier plan au niveau de l’Union européenne (3) .

Les textiles techniques trouvent des applications dans divers secteurs : l'agriculture (voiles de protection pour serres, emballages de plants à racines nues, toiles de drainage, fils pour la pêche, etc.), la construction (matériaux d'isolation, protections solaire, toiles d'étanchéité, etc.), l’automobile (ceintures, tissus pour airbags, moquettes de bus, car et avion, etc.),la santé (matériel de soins pour les grands brûlés, tenues de chirurgie, masques médicaux, etc.), le sport (gazons synthétiques, toiles pour parachute, tissus anti-transpirant, etc.) encore la sécurité (matériaux ignifuges, tissus imperméables, etc.) (4) .

Les textiles techniques sont également influencés par la transition numérique. Grâce aux évolutions simultanées des technologies numériques, de la nanotechnologie et de la biotechnologie, il est désormais possible d’insérer des capteurs numériques dans les vêtements. Ainsi, le tissu comporte des fonctions de monitoring et d’automesures qui calculent et parfois communiquent ou réagissent, par exemple pour le suivi médical de patients atteints de maladies chroniques. Il n’y a pas que dans la santé que cette fonction peut être utilisée, une offre de vêtements dits connectés ou intelligents se développe également pour les athlètes de haut niveau et même dans le prêt-à-porter (prototypes de vêtements qui changent de couleur en fonction de l’humeur détectée).

Le domaine du textile technique a un grand potentiel de croissance. En effet, un de ses atouts principaux est qu’il s’agit d’un produit innovant apportant une valeur ajoutée au produit. Cette spécialisation rend le produit difficilement copiable, ce qui permet d’éviter la délocalisation ou le déplacement de la production vers les pays à bas salaire.

En Belgique, le secteur du textile s'est doté, depuis 1950, d'un Centre Technique et Scientifique de l'Industrie Textile (Centexbel). Ce centre permet de garantir et de renforcer la position compétitive de l'industrie en offrant toute une panoplie d'activités et de services (analyse, certification, recherche et développement, consultance, etc.) (5) .

De manière générale, les procédés de fabrication dans l'industrie textile belge reposent sur les technologies les plus récentes : conception assistée par ordinateur, métiers à tisser commandés par ordinateur, suivi automatisé des commandes, etc. Les nouvelles technologies d’assistance par ordinateur sont déjà adoptées par la plupart des employeurs de la filière pour gérer la production et la maintenance (GPAO/GMAO) ou pour la branche de la confection/mode lors de la création et/ou du dessin des prototypes (CAO/DAO). Le prototypage virtuel en 3D est une technologie qui s’insère de plus en plus dans le processus de conception de nombreuses entreprises (6) .

La digitalisation concerne également le volet logistique avec l’arrivée de la technologie RFID (pour radio frequency identification) qui permet de suivre le parcours d’un vêtement de la production à la caisse et ainsi de gérer plus efficacement le réassort et d’épargner des coûts en matière de logistique.

Les procédés de production continueront de subir une automatisation et une numérisation accrues dans un avenir proche.

Par ailleurs, l’importance des produits et des procédés de production respectueux de l’environnement ne fera que croître dans les prochaines années. Au niveau des procédés de production, les tendances vont vers l’écoconception, c’est-à-dire rendre le processus de production, de A à Z, plus durable pour l’environnement. La certification est un levier et un enjeu pour la compétitivité des entreprises. Elle leur permet de justifier leur recours à une production plus respectueuse de l’environnement. D’ailleurs, de plus en plus d’entreprises wallonnes se dotent de la certification « Oeko-Tex » qui garantit que les textiles produits respectent les seuils réglementaires de substances pouvant nuire à la santé (7) .

Les tendances énoncées ci-dessus auront un impact sur les qualifications demandées aux travailleurs. La connaissance des propriétés des matières premières et des produits finis ainsi que celle des processus de production deviennent essentielles. Les métiers peu qualifiés ne vont pas disparaître. Néanmoins leur effectif va diminuer et sera formé pour acquérir les nouvelles connaissances et/ou compétences techniques. Par exemple, au sein de l’industrie textile, l’introduction des machines à commande numérique entraine progressivement l’augmentation du nombre de machines par ouvrier en amplifiant le besoin de qualification du personnel restant (6) .

La confiance des entrepreneurs de l'industrie textile avait retrouvé fin 2020 son niveau d'avant la crise du coronavirus. Cependant, depuis l’été 2021, elle a de nouveau chuté à cause de la hausse des coûts de production qui menace la compétitivité du secteur. Tous les groupes de produits, à l'exception de la bonneterie, ont pu réaliser une croissance du chiffre d'affaires en 2021 par rapport à 2020. Représentant 75 % du chiffre d'affaires, les exportations textiles ont augmenté de 7,5 % en 2021 par rapport à 2020. Les importations ont diminué de 6,6 %.

Fedustria s’inquiète des conséquences de la guerre en Ukraine sur le secteur. En effet, le conflit a provoqué une explosion des prix de l'énergie dans l'Union Européenne, accompagnée des perturbations dans les lignes d'approvisionnement en matières premières et matériaux. Du côté de la demande, les consommateurs occidentaux ont été contraints de réaliser des économies en raison de la perte de leur pouvoir d'achat due à l'explosion des factures énergétiques (8) .

 

(1) SPF Economie, P.M.E., Classes Moyennes et Energie, NACE-BEL 2008 Nomenclature des activités économiques avec notes explicatives

(2) https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/fedustria-media/00_CONJUNCTUUR/GroupesProduits-Textile_2021.pdf

(3) Fedustria, Rapport annuel 2017-2018, Bruxelles, 2018

(4) SPF Economie, PME, Classes moyennes et Energie, Panorama de l'économie belge 2010, Bruxelles, 2011

(5) http://www.centexbel.be/fr

(6) Forem - Service d’analyse du marché de l’emploi et de la formation, Métiers d’avenir. Etat des lieux sectoriels et propositions de futurs, recueil prospectif, septembre 2013

(7) https://www.oeko-tex.com/en/apply-here/standard-100-by-oeko-tex

(8) https://www.fedustria.be/fr/sur-fedustria/cijfers/textielindustrie

 

Positionnement économique du secteur

Production

En 2020, les industries textiles belges ont produit à hauteur de 2,5 milliards d'euros. Le secteur connait une diminution, soutenue depuis plusieurs années et accentuée par la crise liée au coronavirus, de la valeur de sa production (-7,5 % entre 2013 et 2020 et -7 % entre 2019 et 2020). La majorité de la production de l’industrie (78 %) provient du sous-secteur de la fabrication d'autres textiles qui comprend, entre autres, la fabrication de linge de lit, de table, la fabrication de tapis et de moquettes, la fabrication de textiles techniques, etc. La production de cette dernière a diminué de 7,8 % entre 2019 et 2020, mais a augmenté de 1 % sur la période 2013-2020. Le sous-secteur du tissage (17 % de la production totale du secteur) a connu une légère baisse de sa production de 0,6 % entre 2019 et 2020, mais décline de 6,7 % sur la période 2013-2020. Les sous-secteurs de la préparation de fibres textiles et filatures (3,5 % de la production totale du secteur) ainsi que le sous-secteur de l’ennoblissement textile (1,5 % de la production totale sectorielle) ont tous deux chuté entre 2019 et 2020 de respectivement 11 % et 39 %.


Valeur de la production du secteur entre 2013 et 2020
Source : Prodcom - Direction générale Statistique - Statistics Belgium, calculs le Forem

 

Commerce extérieur

Exportation

Les exportations représentent 75 % du chiffre d'affaires textile. Selon Fedustria, les exportations textiles ont augmenté de 7,5 % entre 2020 et 2021. Les textiles techniques représentent environ 36 % des exportations textiles totales, avec une augmentation des exportations de 7,2 %. Les exportations de textiles d'intérieur (part des exportations 30,5 %) ont augmenté de 13,7 %. 

En 2021, près de deux-tiers du total des exportations textiles sont destinées à l’Union Européenne. Les exportations vers ce marché ont fait un bond de 7,3 %. Les exportations vers les trois principaux pays d'exportation de l'Union Européenne ont augmenté : France +3,1 % (part de 18,9 % du total des exportations textiles belges), Allemagne +6,9 % (part de 13,9 %) et Pays-Bas +6,5 % (part de 9,9 %). Les exportations textiles hors Union Européenne ont également progressé (+ 8 %). Le marché d'exportation le plus important en dehors de l'Union Européenne est le Royaume-Uni, avec une part de 10,3 % du total des exportations textiles belges, celles-ci ont légèrement diminué de 0,5 % entre 2020 et 2021, après avoir chuté de 13,4 % entre 2019 et 2020 ; le fait que le Royaume-Uni ne fasse plus partie du marché intérieur rend les exportations plus difficiles bien qu’elles soient restées raisonnablement assez maintenues. 

Des progressions notables ont été enregistrées dans les exportations vers les États-Unis (part de 3,4 % des exportations textiles totales) avec +27,9 % et vers le Canada (part de 0,7 %) avec +82 % entre 2020 et 2021 (1) .

Importation

Selon Fedustria, les importations (y compris le transit et hors vêtements tricotés) ont diminué de 6,6 % entre 2020 et 2021. Bien que les importations textiles en provenance de Chine aient diminué de 48 % entre 2020 et 2021, cette baisse succède à une augmentation spectaculaire de 130 % entre 2019 et 2020. Cette hausse temporaire était principalement due à la demande de textiles médicaux (entre autres les masques buccaux). La Chine reste néanmoins le plus important fournisseur de textiles avec une part de 13,3 % dans les importations totales du secteur (1)

 

Chiffre d'affaires

Le chiffre d'affaires des industries textiles s'élève à 6.151 millions d'euros pour l'année 2021, soit une hausse de 19 % par rapport à 2020. Cette hausse est principalement soutenue par une reprise de l’activité économique conjuguée à un effet des prix (qui intègre des coûts de production plus élevés). Le sous-secteur de la fabrication d'autres textiles (fabrication de linge de lit, de table, de tapis et de moquettes, textiles techniques, etc.) représente à lui seul 65 % du chiffre d'affaires suivi par la préparation de fibres textiles et filature (14 %) et la fabrication de vêtements autres qu'en fourrure (11 %). 


Evolution du chiffre d'affaires du secteur pour la Belgique et la Wallonie entre 2013 et 2021 
Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium, calculs le Forem

 

Investissements

Les investissements des industries textiles pour l'année 2021 s’élèvent à 168 millions d'euros, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2020, mais en forte diminution (- 33 %) par rapport à 2019. Bien que les montants alloués aux investissements varient fortement d’une année à l’autre, ils ont progressé de 34 % sur la période 2013-2021.

Comme pour le chiffre d'affaires, c'est le sous-secteur de la fabrication d'autres textiles (fabrication de linge de lit, de table, de tapis et de moquettes, textiles techniques, etc.) qui représente la plus grosse part des investissements du secteur (66 %). 


Evolution des investissements du secteur pour la Belgique et la Wallonie entre 2013 et 2021
Source : Direction générale Statistique - Statistics Belgium, calculs le Forem



(1)  https://www.fedustria.be/fr/sur-fedustria/cijfers/textielindustrie

Entreprises du secteur

Belgique

En 2020, les industries textiles comptent 901 entreprises (1) dont la plus grande partie se situe en Flandre. Comparée à l'ensemble des secteurs belges, cette ventilation géographique est particulière au secteur des industries textiles : 76 % des entreprises textiles sont situées en Flandre contre 58 % des entreprises tous secteurs confondus et en Wallonie, 16 % pour le textile contre 30 % tous secteurs confondus. "On peut parler d'un ancrage historique de l'industrie textile en Belgique et, plus principalement, dans les provinces de Flandre orientale et occidentale. La majorité des entreprises est en effet implantée à proximité de l'autoroute E17, que l'on appelle d'ailleurs autoroute du textile" (2) .

Nombre d'établissements du secteur pour la Belgique et les régions en 2020
Source : ONSS, statistiques décentralisées, 31 décembre 2020, calculs le Forem


Répartition des établissements entre les régions en 2020
Source : ONSS, statistiques décentralisées, 31 décembre 2020, calculs le Forem
 

Wallonie

Le nombre d’établissements en Wallonie a accusé une diminution de 5,8 % entre 2019 et 2020, soit 9 établissements de moins. A noter que le nombre d’établissements tendait à rester constant entre 2013 et 2019.

Plus de quatre entreprises des industries textiles wallonnes sur dix appartiennent au sous-secteur de la fabrication d'autres textiles (contre 43 % au niveau national), 30 % appartiennent au sous-secteur de la fabrication de vêtements autres qu'en fourrure (contre 29 % au niveau national), et environ 13 % au niveau de l’ennoblissement textile (contre 7 % au niveau national).

La ventilation des entreprises du secteur selon la taille est quelque peu différente de celle de l'ensemble des entreprises wallonnes : les industries textiles comptent moins de petites entreprises (moins de 10 travailleurs), mais les entreprises de taille moyenne (entre 10 et 49 travailleurs) et de grande taille (entre 50 et 199 travailleurs) sont davantage représentées.


Répartition des établissements par taille en 2020
Source : ONSS, statistiques décentralisées, 31 décembre 2020, calculs le Forem

La province de Hainaut compte à elle seule pratiquement la moitié des entreprises des industries textiles (46 %). Ensuite, viennent les provinces de Liège (30 %) et du Brabant Wallon (13 %). Par rapport à la ventilation géographique de l'ensemble des entreprises wallonnes, les industries textiles sont fortement représentées en province de Hainaut et à l’inverse sous-représentées dans les provinces de Namur et Luxembourg.


Répartition des établissements entre les provinces en 2020
Source : ONSS, statistiques décentralisées, 31 décembre 2020, calculs le Forem

 

(1) Le terme "établissement" désigne, pour les statistiques ONSS, l'unité d'établissement c'est-à-dire un lieu d'activité, géographiquement identifiable par une adresse où s'exerce au moins une activité de l'entreprise. Il ne faut donc pas confondre avec la notion d'employeur (un employeur peut compter différentes unités d'établissement).

(2) Conseil Central de l'Economie, "Etude sur la compétitivité de l'industrie textile belge", Bruxelles, décembre 2008.

 

Emploi dans le secteur

Niveau d'emploi

Belgique

En 2020, les industries textiles comptabilisent en Belgique 20.941 postes de travail salarié (1) (soit 0,5 % de l’emploi belge), dont seulement 2.466 postes en Wallonie (soit 0,2 % de l’emploi wallon).

Entre 2013 et 2020, le secteur des industries textiles a perdu plus de 2.200 postes de travail salarié au niveau national, soit une diminution de 9,8 %. L’emploi dans le secteur s’est contracté de 4 % entre 2019 et 2020 suite aux effets de la crise liée au covid 19.

Comme pour la plupart des secteurs industriels, celui du textile doit faire face au climat économique difficile de ces dernières années. C’est néanmoins un des secteurs les plus durement touchés en termes de diminution du nombre de postes de travail salarié. La diminution de l'emploi dans le secteur du textile n'est pas neuve (délocalisation, croissance de la productivité du travail, difficulté à trouver du personnel correctement formé).

Sur l'ensemble du pays, 6 postes de travail salarié sur 10 concernent le sous-secteur de la fabrication d'autres textiles (linge de lit, de table, tapis, moquettes, textiles techniques), 14 % pour le sous-secteur du tissage et 11 % appartiennent au sous-secteur de la fabrication de vêtements autres qu'en fourrure.

Trois quarts des postes (73 %) sont occupés par des personnes travaillant sous le statut d'ouvrier et 27 % sous celui d'employé. Cette répartition selon le statut est propre aux secteurs industriels. Tous secteurs confondus, les postes ouvriers représentent 35 %, les postes employés 51 % et les fonctionnaires 14 %.

Un peu moins de 9 postes de travail sur 10 sont situés en Flandre (87 %), alors que la Wallonie en compte 12 % et Bruxelles-Capitale 1 %. Le secteur du textile est, comparativement à l'ensemble des secteurs, beaucoup plus présent en Flandre qu'en Wallonie. 


Nombre de postes de travail salarié du secteur selon le statut pour les différentes régions et la Belgique en 2020
Source : ONSS, statistiques décentralisées, 31 décembre 2020, calculs le Forem


Répartition des postes de travail salarié entre les régions en 2020
Source : ONSS, statistiques décentralisées, 31 décembre 2020, calculs le Forem

Wallonie

En 2020, les industries textiles wallonnes comptabilisent 2.466 postes de travail salarié. Depuis l'an 2000, le nombre de postes de travail salarié n'a cessé de diminuer. L'automatisation des procédés mais aussi les restructurations d'entreprises et les délocalisations de certaines activités expliquent cette chute. Entre 2013 et 2020, le nombre de postes de travail salarié est resté relativement stable (+ 0,1 %), il a, par contre, chuté de 3 % entre 2019 et 2020 suite à la crise du coronavirus.

En Wallonie, tout comme dans le reste du pays, c'est le sous-secteur de la fabrication d'autres textiles (linge de lit, de table, tapis, moquettes, textiles techniques) qui compte la majorité des postes (63 %) tandis que le sous-secteur de la préparation de fibres textiles et filatures occupe la seconde position avec 12 %.


Nombre de postes de travail salarié du secteur selon le statut entre 2013 et 2020
Source : ONSS, statistiques décentralisées, 31 décembre 2013-2020, calculs le Forem

 

Comme pour l'ensemble du pays, la majorité des travailleurs wallons dans les industries textiles occupe un poste de travail "ouvrier" (78 %) et 22 % un poste de travail "employé".

Près de sept postes de travail sur dix (69 %) sont occupés par des hommes et 31 % par des femmes. Contrairement aux autres secteurs, les femmes sont relativement peu présentes dans les industries textiles ; les femmes rassemblant 50,4 % de l’emploi salarié en Wallonie en 2020.


Nombre de postes de travail salarié du secteur selon le statut et le genre en 2020
Source : ONSS, statistiques décentralisées, 31 décembre 2020, calculs le Forem

De même que pour la répartition géographique des entreprises, c'est la province de Hainaut qui regroupe la majorité des postes de travail des industries textiles wallonnes. Cette ventilation est particulière au secteur : 68 % des postes de travail des industries textiles contre 35 % tous secteurs confondus pour cette province. Ensuite, vient le bassin liégeois avec 28 % des postes de travail salarié (contre 31 % tous secteurs confondus). Les autres provinces sont très peu actives dans ce secteur. Ces deux provinces rassemblent à elles seules 96 % de l’emploi salarié de cette industrie en Wallonie.  


Répartition des postes de travail salarié entre les provinces en 2020
Source : ONSS, statistiques décentralisées, 31 décembre 2020, calculs le Forem

 

Les indépendants

En 2020, le secteur des industries textiles belges comptait 3.238 indépendants (2) . Un indépendant sur cinq du secteur habite en Wallonie. Tout comme l’emploi salarié, le nombre de travailleurs indépendants se replie tendanciellement : -14,1 % entre 2013 et 2020 et -1,4 % par rapport à 2019.

Près de six indépendants sur dix (57 %) exercent leur activité dans le sous-secteur de la fabrication de vêtements autres qu'en fourrure, 22 % dans celui de la fabrication d'autres textiles (linge de lit, de table, tapis, moquettes, textiles techniques) et 13 % dans le sous-secteur de la préparation de fibres textiles et filature. Le niveau de ces parts sous-sectorielles nationales sont similaires pour la Wallonie.


Evolution du nombre d'indépendants du secteur entre 2013 et 2020 pour les régions
Source : INASTI 2013 - 2020, calculs le Forem

 

  (1) L’unité statistique « poste de travail » découle de la notion de « travailleur assujetti à la sécurité sociale ». La statistique des postes de travail occupés à la fin d’un trimestre consiste à dénombrer le nombre de travailleurs occupés par chaque employeur à la fin d’un trimestre. Les travailleurs qui, à la fin d’un trimestre, sont occupés par plus d’un employeur, sont comptabilisés plusieurs fois (ONSS).

(2) Un travailleur indépendant est toute personne physique qui exerce en Belgique une activité professionnelle en raison de laquelle elle n'est pas engagée dans les liens d'un contrat de louage de travail ou d'un statut (INASTI).

 

Commissions paritaires

Ci-dessous vous trouverez les principales commissions paritaires liées au secteur.

Numéro de la CP Intitulé de la CP
107 Commission paritaire des maîtres-tailleurs, des tailleuses et couturières
109 Commission paritaire de l'industrie de l'habillement et de la confection
120 Commission paritaire de l'industrie textile et de la bonneterie
128 Commission paritaire de l'industrie des cuirs et peaux et des produits de remplacement
148 Commission paritaire de la fourrure et de la peau en poil
214 Commission paritaire pour employés de l'industrie textile et de la bonneterie
215 Commission paritaire pour employés de l'industrie de l'habillement et de la confection

 

Métiers du secteur

Les métiers les plus demandés par le secteur d'activités, c'est-à-dire classés par ordre décroissant du nombre d'opportunités d'emploi gérées par le Forem en 2021 en provenance de ce secteur.

Lien inaccessible

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Vous pouvez, cependant, effectuer cette recherche dans notre nouvel outil en filtrant sur le secteur souhaité.

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Codes NACE

Le secteur Industries du textile, de l'habillement, du cuir et des chaussures est composé des codes Nace-Bel 2008 suivants :
  • 13.1 Préparation de fibres textiles et filature
  • 13.2 Tissage
  • 13.3 Ennoblissement textile
  • 13.9 Fabrication d'autres textiles
  • 14.1 Fabrication de vêtements autres qu'en fourrure
  • 14.2 Fabrication d'articles en fourrure
  • 14.3 Fabrication d'articles à mailles
  • 15.1 Apprêt et tannage des cuirs; préparation et teinture des fourrures; fabrication d'articles de voyage, de maroquinerie et de sellerie
  • 15.2 Fabrication de chaussures

Associations sectorielles

Ci-dessous vous trouverez une liste non-exhaustive d'associations sectorielles (fédérations patronales, associations paritaires, centres de compétences, clusters ou autres).
Nom Description Lien
CEFRET

Centre de formation du secteur textile
https://www.cefret.be/
CREAMODA

Regroupement des fabricants, créateurs, grossistes et agents, actifs dans le domaine de la confection et de la mode Belge
https://www.creamoda.be
FEBIC

Fédération Belge de l'Industrie de la Chaussure asbl
https://www.shoefed.be/
FEDUSTRIA

Fédération belge de l'industrie textile, du bois et de l'ameublement
https://www.fedustria.be/fr/
IAF

Fédération Internationale de l'Habillement
https://www.iafnet.com/
IREC

Fonds de formation de l'industrie belge Mode & Confection
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