Secteurs d'activités

Energie

Afficher en PDF

L'énergie est un secteur stratégique et vital pour l’économie dans lequel différents acteurs interviennent et agissent sur son mode de fonctionnement.

Le secteur énergétique se compose de deux grands domaines. Le premier domaine touche à la transformation du pétrole brut et du charbon en produit fini ou semi fini (production de gaz de cokerie, de coke, de goudrons, de carburants pour moteur, de combustibles, d'huiles de graissage et de graisses, de revêtements routiers, etc.) ainsi qu'à l'industrie nucléaire (production d'uranium, de thorium enrichi, de radioéléments, le retraitement de matériel de combustibles nucléaires, etc.). Le second s'occupe de la production et de la distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'eau chaude (production d'origine thermique, nucléaire, hydroélectrique, de gaz par distillation de charbon, de combustibles gazeux, gestion de réservoirs de stockage, production et distribution de glaces non hydriques, etc.).

Le sous-secteur de la production et de la distribution d'énergie vit une importante mutation. Cela est dû à des éléments très différents comme les changements climatiques liés à l'accroissement des gaz à effet de serre, l'épuisement des ressources naturelles à moyen terme, la libéralisation des marchés, la situation dans les pays importateurs, le soutien apporté aux énergies renouvelables.

La Belgique, si elle veut, dans les décennies à venir, continuer à produire son électricité, doit se tourner vers 100 % d’énergies renouvelables. Ce fait est induit par l’épuisement dans le monde des réserves naturelles comme le pétrole et l’uranium. Et cela bien que les centrales aient besoin de peu d’uranium pour fonctionner, les réserves s’épuiseront un jour ou l’autre. A l’heure actuelle, l’utilisation des centrales nucléaires est très controversée car elles sont trop dangereuses pour la santé avec risques de fuites radioactives et d’accidents graves. Et la question de la gestion à long terme (100.000 ans) des déchets nucléaires pose un problème également.

Les différentes alternatives mises en place par la Belgique sont les parcs d’éoliennes, les unités de cogénérations à base de biomasse, l’énergie solaire (thermique et photovoltaïque), l’énergie géothermique, l’énergie hydroélectrique, les centrales à gaz, etc.

Le recours aux énergies alternatives et durables, encouragé par les pouvoirs publics, entraîne des évolutions technologiques dans les modes de production. Par conséquent, les métiers en rapport avec le secteur doivent s'adapter à la numérisation et à la digitalisation (IOT, outils de récolte de données : smartgrids, big data, blockchain, etc.) via l'acquisition de compétences nouvelles et complémentaires.

Il est clair que ce domaine est porteur de nouveaux métiers et qualifications : métiers de l’IT, ITPL (chef de projet Information Technology), coordinateurs de testing, spécialistes en solution de mobilité, …

Les réglementations prises à différents niveaux de pouvoir ont des répercussions directes sur le secteur. Les investissements à long terme sont nécessaires dans ce secteur et beaucoup de décisions, faute de budgets et d’accords réglementaires, sont encore à prendre.

Un problème de niveaux de pouvoir entre les régions et le fédéral est à l’ordre du jour. En plus des décisions de l’Europe qui impose ses directives, la Belgique est soumise à un fonctionnement compliqué qui implique des prises de décision plus longues et complexes.

Cependant, il y a sensibilité croissante pour le développement durable et les énergies renouvelables. Pour qu’un développement soit durable, l’accroissement de la production de biens et de services doit se faire tout en réduisant les quantités de ressources non renouvelables consommées pour assurer cette production.

De plus en plus de personnes sont conscientes qu’il est temps d’agir. Les différentes actions (marches, pétitions, intentions d’attaquer le gouvernement en justice pour respecter les engagements à prendre pour le climat) le montrent. 

La production d’énergie doit évoluer vers plus de renouvelables et le prix demandé au citoyen doit être en rapport avec les intentions d’aller vers un schéma plus durable, social, éthique et économique. Car le coût de l’énergie pour se chauffer, s’éclairer et s’alimenter devient un poste relativement important dans le portefeuille des concitoyens.
 

   Nombre d'établissements en 2017  Nombre de postes de travail salarié en 2017  Nombre de travailleurs indépendants en 2017 (1)
Wallonie 88 5.517 4
Bruxelles-Capitale 29 4.159 1
Flandre 144 12.586 16
Belgique 261 22.262 42

Sources : ONSS - statistiques décentralisées juin 2017 et INASTI 2017, calculs le Forem


(1) Les indépendants exerçant en Belgique et résidant à l’étranger sont comptabilisés uniquement au niveau du pays. La somme des indépendants pour les 3 régions peut donc être inférieure au nombre d’indépendants en Belgique.

 

Activités du secteur

Description du secteur

Le secteur de l'énergie couvre deux grands domaines (1) .

Le premier, la cokéfaction et le raffinage , comprend les activités de transformation du pétrole brut et du charbon en produits utilisables.

  • La cokéfaction. Ce sous-secteur est composé de la production de coke, de gaz de cokerie, de goudrons bruts de houille et de lignite, etc.
  • Le raffinage de pétrole. Ce sous-secteur couvre la fabrication de combustibles liquides ou gazeux obtenus à partir de pétrole brut, de minéraux bitumeux ou résultant de leur distillation fractionnée (essences, kérosène, fioul léger, demi-lourd et lourd, gaz de raffinerie, éthane, propane, butane, huiles de graissage, mélange de biocarburants, etc.)
Le second, la production et la distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné , couvre la distribution de ces éléments via une infrastructure permanente de câbles, canalisations et conduites. Trois sous-secteurs sont répertoriés dans ce domaine :
  • La production, le transport et la distribution d'électricité. Ce sous-secteur couvre la production de l'électricité en bloc, son transport des centrales jusqu'aux centres de distribution, et ensuite jusqu'aux utilisateurs finaux (production, transport, distribution et commercialisation).
  • La production et la distribution de combustibles gazeux. Ce groupe comprend la fabrication et la distribution du gaz naturel ou synthétique aux consommateurs au moyen d'un réseau de canalisations. Les marchands et négociants qui négocient la vente de gaz naturel par l'entremise de réseaux de distribution du gaz exploités par d'autres sont également compris.
  • La production et la distribution de vapeur et d'air conditionné.

Le secteur aujourd'hui

L'énergie est un secteur stratégique plus que jamais d'actualité : types d'énergie, prix, acteurs, production/consommation, énergies renouvelables, digitalisation... autant de sujets qui sont importants dans ce domaine. D’énormes moyens techniques, logistiques et financiers sont donc en jeu quand on parle d’énergie. L’impact environnemental est fort aussi car les différentes sources d’utilisation d’énergie engendrent de la pollution par des émissions de CO 2 et de particules fines qu’il faut réduire au maximum pour préserver les sols, l’air, l’eau et le climat dans les années à venir.


DANS LE MONDE

Selon les estimations préliminaires de l'Agence Internationale de l’Energie (AIE) :"La demande mondiale d'énergie a augmenté de 2,1 % en 2017, soit plus du double du taux de croissance de 2016. La demande mondiale d'énergie en 2017 a atteint environ 14.050 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), contre 10.035 Mtep en 2000.

Les combustibles fossiles ont répondu à plus de 70 % de la croissance de la demande d'énergie dans le monde. La demande de gaz naturel a le plus augmenté, atteignant une part record de 22 % de la demande totale d'énergie. Les énergies renouvelables ont également connu une forte croissance, représentant environ un quart de la croissance de la demande mondiale d'énergie, tandis que l'utilisation du nucléaire a représenté le reste de la croissance. La part globale des combustibles fossiles dans la demande mondiale d'énergie en 2017 est demeurée à 81 %, un niveau stable depuis plus de trois décennies malgré la forte croissance des énergies renouvelables.

L'amélioration de l'efficacité énergétique mondiale s'est ralentie entre 2016 et 2017.

La croissance de la demande mondiale d'énergie s'est concentrée en Asie, la Chine et l'Inde représentant ensemble plus de 40 % de la hausse. Dans toutes les économies avancées, la demande d'énergie a contribué pour plus de 20 % à la croissance de la demande mondiale d'énergie, bien que leur part dans la consommation totale d'énergie ait continué à diminuer. Une croissance remarquable a également été enregistrée en Asie du Sud-Est (qui a représenté 8 % de la croissance de la demande mondiale d'énergie) et en Afrique (6 %), bien que la consommation d'énergie par habitant dans ces régions demeure bien inférieure à la moyenne mondiale". (2)

Une autre problématique se greffe à l’exploitation des énergies, c’est le réchauffement climatique. Les gaz à effet de serre (GES) que sont le dioxyde de carbone (CO 2 ), le méthane, l’oxyde nitreux trouent la couche d’ozone. Limiter le réchauffement planétaire à 2°C, tel est l’objectif de l’Accord de Paris.

Le charbon, première source d'électricité dans le monde (40 %) mais énergie la plus dommageable pour le climat et la qualité de l'air, est au cœur de la bataille contre le réchauffement. Afin de pallier à l’augmentation du gaz à effet de serre, une alliance pour la sortie du charbon, très gros producteur de CO 2 , a été lancée par 20 pays à la conférence climat COP23 à Bonn.

Tous se sont déjà engagés à éliminer graduellement leurs centrales au charbon (par exemple : en 2030 pour la Grande-Bretagne, le Canada, ou 2021-22 pour la Nouvelle-Zélande, la France). Cependant, les pays de cette alliance représentent au total une part minime de la consommation charbonnière mondiale, concentrée essentiellement en Asie (à savoir en Chine, Inde et Asie du sud-est). (3)

Passer à un autre système énergétique est nécessaire pour préserver notre planète. En tout, 27 scientifiques de l’université de Stanford (USA) confirment, dans une étude publiée en anglais dans la revue Joule en septembre 2017, qu’une transition vers un système énergétique basé uniquement sur le vent, l’eau et le soleil à 80 % d’ici 2030 et 100 % d’ici 2050 pour 139 pays est réalisable.

Au niveau socio-économique, cette transition créerait 24,3 millions d’emplois de plus que les emplois perdus dans les secteurs énergétiques traditionnels.

Au niveau de la santé, cette transition permettrait d’éviter aujourd’hui 4,6 millions/an de morts prématurées liées à la pollution de l’air et 3,5 millions/an en 2050. Elle permettrait également d’éviter 22,8 billons $/an de coûts liés à la pollution de l’air et 28,5 billons $/an de coûts liés aux changements climatiques.

Selon les scientifiques, cette transition permettrait également de stabiliser les prix de l’énergie et d’augmenter l’accès à une énergie décentralisée dans le monde. Enfin, ce scénario éviterait un réchauffement climatique de 1,5 degré. (4)


EN EUROPE

Le monde doit faire face à des besoins en énergie sans cesse croissants car la population augmente de plus en plus. Pour y répondre, pouvons-nous continuer de nous reposer à plus de 80 % sur les combustibles fossiles, alors que des menaces de pénurie se profilent pour le pétrole ? Devrons-nous compter davantage sur le gaz et surtout sur le charbon, malgré leur impact négatif sur notre écosystème ?


Sortir du "tout fossile" implique un effort important pour promouvoir à la fois les économies d’énergie et des sources énergétiques non émettrices de gaz carbonique telles que les énergies renouvelables". (5)

L’Europe consomme de plus en plus d’énergie (20 % de l’énergie produite dans le monde). Disposant de peu de réserves (moins de 1 % des réserves mondiales pour le pétrole, 1,5 % pour le gaz naturel et 4 % pour le charbon), elle doit importer des pays tiers plus de la moitié de son énergie, une part qui pourrait passer à 70 % voire 75 % d'ici 2030. Près de 40 % du charbon, plus de 60 % du gaz et plus de 80 % du pétrole consommés sont importés.

La Russie fournit à l'Union Européenne le tiers de ses importations de pétrole, de produits raffinés, de gaz et de charbon. Pour le pétrole, les autres fournisseurs de l'Union sont les pays de l'OPEP et la Norvège. Pour le gaz, la Russie vient également en première position, suivie de la Norvège et de l'Algérie. Enfin, le charbon provient essentiellement de la Russie, de la Colombie, de l'Afrique du Sud et des Etats-Unis. (6)

Le secteur des transports est le premier poste de consommation d’énergie en Europe (33 %), devant les secteurs résidentiel (27 %), de l’industrie (24 %), tertiaire (13 %) et de l’agriculture (2 %). Le gaz joue un rôle prépondérant dans les secteurs résidentiel et tertiaire, tandis qu'électricité et gaz dominent dans le secteur de l'industrie.

Plus du quart de la production européenne d’électricité provient de centrales nucléaires, et plus de la moitié provient de centrales utilisant des combustibles (gaz naturel, charbon, pétrole). (7)

A ce stade, l’avenir sera dominé par un accès de plus en plus difficile aux ressources minérales de la planète : le pétrole sera de plus en plus difficile à extraire. Il existe de nouvelles réserves de pétrole et de gaz (gaz et huile de schiste) mais leur extraction est assortie de contraintes environnementales. Les matières premières nécessiteront de plus en plus d’énergie pour leur extraction, car les mines sont de moins en moins concentrées en minerais. Enfin, la production de métaux rares, indispensables pour les industries de haute technologie, fait déjà l’objet de quasi-monopole de la part de certains pays, comme la Chine. (6)

Parallèlement, l’Europe s'est fixé des objectifs contraignants pour lutter contre le changement climatique. La politique européenne de l'énergie s'efforce alors d'assurer la sécurité des approvisionnements et le maintien de prix abordables, tout en poursuivant des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développement des énergies renouvelables.

Pour rappel, en 2010, la Commission européenne avait lancé une nouvelle stratégie économique "Europe 2020" afin de préparer l'économie de l'UE pour faire face aux défis à relever. Dans cette perspective, la Commission avait proposé cinq objectifs dont celui des 20-20-20 du Paquet "Energie - Climat" ; ce qui signifie 20 % d'énergies renouvelables au niveau européen, 20 % d'amélioration de l'efficacité énergétique et 20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En août 2014, la Commission européenne avait proposé un nouvel objectif d'économie énergétique de 30 % pour 2030, via le "paquet énergie-climat 2030" dans le cadre de sa nouvelle vision sur l'efficacité énergétique au-delà de 2020. L'objectif est de se diriger vers un cadre politique clair pour l'efficacité énergétique qui fournira une prévisibilité aux investisseurs et stimulera la recherche et le développement dans le domaine de l'efficacité énergétique et les technologiques faibles en carbone.

La Commission estime que cette vision nécessitera des investissements supplémentaires en termes d'efficacité énergétique de l'ordre de 89 milliards d'euros annuellement.

À l'heure actuelle, l'Europe est sur la bonne voie pour réaliser une économie d'énergie de 18 - 19 % d'ici 2020. Par exemple, à la suite de l'introduction des critères d'efficacité dans les normes et règlements de construction, les nouveaux bâtiments consomment aujourd'hui la moitié de l'énergie qu'ils consommaient dans les années 1980. Parallèlement, les appareils électro-ménagers plus efficaces devraient permettre aux consommateurs d'économiser 100 milliards d'euros à l'année sur leurs factures énergétiques d'ici 2020. Les États membres se sont également engagés à déployer près de 200 millions pour l'électricité et 45 millions pour le gaz d'ici 2020, ce qui conduirait à des économies plus importantes pour les consommateurs. (8)

Concernant les gaz à effet de serre, la réduction devra être de 20 % d’ici 2020 voire 85 à 95 % en 2050. Le secteur de l’énergie devra fournir la plupart de l’effort car il compte pour 80 % des émissions de l’Union européenne. (9)

En 2015, à la suite des troubles en Ukraine et au Moyen-Orient qui mettaient en péril l'approvisionnement énergétique en Europe, la Commission européenne a accéléré le lancement de son projet d'Union de l'énergie. Les investissements sont faits (1.000 milliards d'euros sur cinq ans) et la construction est entamée pour le corridor gazier sud-européen qui devrait relier l'Azerbaïdjan à l'Union européenne d'ici à 2020.

Lors de la Conférence Climat 2015 (COP 21) qui s’est déroulée à Paris, les Etats membres se sont entendus sur le rôle de l’Union de l’énergie qui devra permettre de déployer les technologies de l'information dans le secteur énergétique et d'optimiser la consommation des ressources. (10)

L'enjeu de la COP 23 qui s’est déroulée à Bonn en 2017, quant à elle, n'était pas de négocier un nouveau traité, mais d'avancer sur la mise en œuvre de l'Accord de Paris qui servira de base dans la lutte contre le réchauffement climatique à partir de 2020.

Actuellement, les Etats membres de l'UE se sont engagés à réduire leurs émissions de Gaz à Effet de serre d'au moins 40 % par rapport à 1990 à l'horizon 2030. Pour atteindre cet objectif, il a été décidé d'augmenter l'efficacité énergétique de 32,5 % et de mettre 32 % d'énergie dans le mix énergétique. Chaque Etat membre a été invité à établir un PNEC (Plan National Energie Climat) 2030, définissant les objectifs visés, les politiques et les mesures à mettre en place.

En décembre 2018, la COP 24 s’est déroulée à Katowice en Pologne. Les participants ont réaffirmé les engagements pris à Paris lors de la COP 21 mais aucune ambition supplémentaire n’a été prise pour intensifier la lutte contre le réchauffement climatique et contre les lobbies des énergies fossiles.   (11)

Cependant, les pays sont conscients que le travail doit continuer et la prise de conscience est de plus en plus importante surtout pour sauver le climat.

Selon ELIA, le système énergétique européen est en train de subir une transformation profonde liée à trois changements majeurs (12) :

1. La transition d’un système électrique centralisé principalement basé sur des sources d’énergie conventionnelles (comme le nucléaire, le charbon et le gaz) vers une production plus décentralisée avec des énergies renouvelables (principalement éolien et solaire) installées loin des centres de consommation mais aussi à des niveaux de tension plus faibles ;

2. La numérisation croissante (marché de l’énergie centré sur le consommateur et réseau d’unités de production, appareillages contrôlables, et de stockage intelligentes) et l’apparition de nouveaux acteurs et de consommateurs plus actifs ;

3. Le passage à un marché intégré au niveau européen (réseaux et marchés nationaux intégrés par l’intermédiaire d’interconnexions qui augmentent la sécurité d’approvisionnement pour tous les pays de l’UE), avec une coopération supranationale accrue.


EN BELGIQUE

Les spécificités industrielles belges sont telles que le gouvernement n’a jamais pu avoir une vision énergétique à long terme.

"En effet, l’économie belge et son industrie ont des spécificités qui influent directement sur sa consommation d’énergie. Tout d’abord, l’industrie belge occupe un poids relativement plus important dans l’économie belge que dans les pays voisins (part de la valeur ajoutée dans le PIB : 14 % en Belgique contre 11,78 % aux Pays-Bas et 11,31 % en France). Ensuite, du fait de sa structure, l'industrie belge est relativement plus intensive en énergie que l’industrie de ses voisins européens, et ce, tant pour le pétrole et le gaz que pour l’électricité : l’intensité énergétique de l’industrie belge est en moyenne 25 % plus élevée qu’aux Pays-Bas, 45 % plus élevée qu’en France et 53 % plus élevée qu’en Allemagne".  (13) (14)

Cette situation peut s’expliquer en grande partie par la spécialisation relative de l’industrie belge dans quelques secteurs spécifiques (chimique, alimentaire, pharmaceutique, métallurgie) intensifs en énergie et qui contribuent au PIB de manière plus importante en Belgique que dans les autres pays.

En outre, une large part de l'énergie consommée en Belgique est d'abord transformée sur notre territoire et une large proportion de l'énergie disponible pour la consommation finale est utilisée à des fins non énergétiques, c'est-à-dire comme matière première pour la production de biens dans les industries pétrochimiques (25 % en 2014). 

"Il est également important de garder à l'esprit que les secteurs de l'industrie belge sont largement interdépendants (e.g. les raffineries, la pétrochimie, la chimie, le textile, la transformation du plastique, ...) et que, outre des emplois directs (11,7 % de l’emploi total), ils génèrent beaucoup d’emplois indirects, notamment dans de nombreuses PME". (14)

Des défis en termes de mobilité sont à relever aussi. Le secteur du transport est un des principaux émetteurs de CO 2 en Belgique. Le parc immobilier est vieillissant et des importantes pertes d’énergie sont recensées dans de nombreux bâtiments. (4)

La Belgique est donc face à un défi énergétique important. Il est très urgent de s’accorder sur une vision énergétique commune pour la Belgique. Les acteurs du secteur de l’énergie, les entreprises et la société civile demandaient avec insistance un pacte énergétique pour la Belgique pourtant promis par la Ministre de l’Energie, l’environnement et du développement durable pour fin 2017. Celui-ci a été débattu en 2018 mais n’est pas accepté par les trois régions. (15)

Dans son avis sur la vision énergétique de la Belgique, le Conseil central de l’économie (CCE) met en évidence les commentaires pour la Belgique dans le rapport 2016 de la Commission européenne. Celui-ci dit que : " […] la Belgique a besoin de toute urgence d’une vision globale de son paysage énergétique à long terme et d’une feuille de route pour y parvenir".

En effet, comme l'indique la Commission, " […] l’absence d’une vision cohérente à long terme pour le secteur de l’énergie et l’incertitude de longue date qui plane sur le calendrier de sortie du nucléaire ont créé un climat peu propice aux décisions d’investissements à long terme […]". La Commission affirme plus loin que " […] il est nécessaire d’avoir un calendrier clair et réalisable pour la sortie progressive du nucléaire prévue, de manière à ce que les capacités perdues puissent être remplacées en temps voulu". Dans le Rapport 2017 pour la Belgique, la Commission écrit : "À plus long terme, la Belgique a des besoins d’investissement importants, notamment compte tenu de la sortie progressive de l’énergie nucléaire désormais prévue entre 2022 et 2025. Des pénuries structurelles risquent de se produire si l’investissement dans de nouvelles installations et dans des installations de remplacement est encore reporté. Cependant, la révision répétée du calendrier de sortie du nucléaire a découragé les investisseurs, en particulier ceux qui cherchaient à investir dans les énergies renouvelables et les centrales au gaz, et a fait naître un climat peu propice à la prise de décisions d’investissement à long terme". (14) (16)

La Belgique doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 15 % en 2020. Le CO 2 , principal d’entre eux, est produit lors de la combustion de toute énergie fossile et il est responsable de l’aggravation des changements climatiques. Pour 2030, l’effort belge devrait passer à 35 %. Pour 2050, notre pays a promis de réduire ses émissions de 80 à 95 %. Et, à terme, de "décarboner" entièrement son économie, c’est-à-dire de ne plus émettre de gaz à effet de serre du tout. (17)

La fin de la vente des véhicules essence est prévue pour 2040 et 2030 pour ceux roulant au diesel. La production de véhicules électriques est l’enjeu de nombreux constructeurs. Les ventes de véhicules électriques en 2018 ont été supérieures que les années précédentes. A l’heure actuelle, le gouvernement a mis en place des dispositifs d’interdiction de rouler dans Bruxelles avec des voitures diesel dont la mise en circulation date d’avant 1997.

La Belgique occupe la 32 ème position du classement relatif à l’efficacité de la lutte contre les changements climatiques des pays les plus polluants du monde, classement établi annuellement par Germanwatch et le Climate Action Network (CAN) Europe. Pour les ONG environnementales belges, ce classement médiocre est le reflet de l’absence de vision politique claire en matière d’énergie et de climat ces dernières années dans notre pays. (18)

Or l’étude de Stanford (USA) regroupant 27 scientifiques confirme ainsi les nombreuses autres études scientifiques qui établissent la faisabilité d'une transition 80 % renouvelables dans le monde d'ici 2030 et 100 % renouvelables d’ici 2050 et cela uniquement basée sur le vent, l’eau et le soleil.

En Belgique, ce scénario a été établi dans l'étude "backcasting" publiée fin 2012 - et actualisée en avril 2013 -, menée par le Bureau fédéral du Plan, le VITO et l'ICEDD : Towards 100 % Renewable Energy in Belgium by 2050 ? (19)

Une récente étude technico-économique menée par les ONG environnementales - IEW, WWF, BBL et Greenpeace - proposent un scenario pour le secteur électrique belge intitulé "Our energy future 2016 – En route pour un système énergétique belge basé sur le renouvelable". Ils ont mandaté le centre de recherche 3E pour construire un scénario électrique pour la Belgique, la Flandre et la Wallonie. Cette étude a été présentée ce 16 décembre 2016.

Le scenario s’inscrit dans un objectif qui donne la priorité au Climat, prévoit la sortie du nucléaire et vise "un futur énergétique ambitieux, flexible et 100 % renouvelable". Pour la première fois, le scénario "Our energy future" a été divisé en objectifs fédéraux et régionaux, dans la mesure où l’essentiel des compétences en matière d’énergie est du ressort des Régions. Le scénario confirme l’urgence de doter la Belgique et les trois Régions d’objectifs ambitieux dans trois secteurs clés : l'efficacité énergétique, l’éolien et le photovoltaïque. Leurs coûts de moins en moins élevés en font l’option la moins coûteuse pour répondre aux besoins énergétiques de nos sociétés et pour s’inscrire efficacement dans les engagements de l’Accord de Paris.

Le scenario indique que la transition énergétique vers 100 % d’énergie renouvelable est possible tant d’un point de vue technique qu’économique. Il propose d’accélérer le rythme dès à présent. En réactivant la dynamique d’installation du solaire photovoltaïque (+ 300 à 1000 MW par an), de l’éolien sur terre (+ 341 MW par an), en créant une nouvelle zone de concession pour l’installation d’éoliennes en Mer du Nord et en limitant l’usage de la biomasse dans des unités de petites puissances permettant la cogénération.

La Belgique dispose d’un grand potentiel énergétique de flux renouvelables solaires et éoliens : 2,5 % du territoire belge (800 km²) équipé de photovoltaïque ou 10 % du territoire belge (3.000 km²) avec une présence éolienne (cinq éoliennes par km²) produiraient chaque année l’équivalent de la consommation électrique belge (80 TWh). Selon l’ABC de l’énergie durable, le potentiel énergétique renouvelable est donc bien présent en Belgique. (4)

Les objectifs fixés à la Belgique sont d'atteindre 13 % d'énergie renouvelable dans la consommation d'énergie en 2020 et 10 % dans les transports (10 % de biocarburants dans la consommation totale des véhicules).

Or, selon le bureau du Plan qui décrit tous les trois ans l’évolution à politique inchangée de notre système énergétique national et contribue au débat à venir sur le pacte énergétique interfédéral, si la Belgique continue la même politique énergétique actuelle, la part renouvelable n'atteindra pas les 10 %. (20)


EN WALLONIE

Les communes wallonnes montrent un véritable engouement pour le programme de Politique Locale Energie-Climat (POLLEC) avec le lancement d'un appel à projets pour le développement de plateformes locales de rénovation énergétique.

"Concrètement, il s’agit d’aider les communes (ou des coordinateurs supra-locaux) à co-construire, avec les acteurs locaux, des Plans d’Action en faveur de l’Énergie Durable et du Climat (PAEDC). Grâce à ces Plans, les communes s’engagent à œuvrer pour une réduction de 20 % des émissions de CO 2 sur leur territoire à l’horizon 2020 et de 40 % à l’horizon 2030 ; et à anticiper les changements climatiques par une adaptation locale.

Il s’agit donc d’un beau succès pour ce programme initié par la Wallonie dès 2012 et coordonné par l’APERe.

La dynamique locale de transition énergétique gagne du terrain en Wallonie. De 2012 à 2016, plus de 120 communes se sont inscrites aux programmes POLLEC 1 et 2 en vue d’élaborer et concrétiser une politique locale Énergie-Climat dans le cadre de la Convention des Maires. Lancé en juin dernier, POLLEC 3 compte 80 nouvelles communes participantes. Au total, plus de 200 communes sont donc désormais engagées dans cette dynamique, soit près de 80 % des communes wallonnes et jouent désormais un rôle de facilitateur de la transition énergétique". (21)

En effet, le Gouvernement wallon a fixé à 8.000 GWH la production d’énergie renouvelable d’ici 2020, dont 3.800 GWh dévolus à l’éolien. Il s’agira donc de tripler la puissance installée par rapport à celle qui existait en 2013. (9)

En tout, 17 mats éoliens (totalisant 36 MW) ont été érigés en Wallonie durant le premier semestre 2018, avec une perspective d’installation d’environ 100 MW en 2018. Une telle reprise de la croissance du secteur est malheureusement conjoncturelle car l’insécurité juridique qui pèse sur le secteur semble perdurer avec plus de 350 MW de permis éoliens bloqués au niveau du Conseil d’Etat. Tous les yeux du secteur sont désormais tournés vers le Gouvernement qui devrait présenter la concrétisation de mesures concrètes d’amélioration du "cadre normatif éolien" déjà évoquée dans le cadre de la "Pax Eolienica". (22)

Depuis 2014, les fournisseurs wallons devaient s’assurer que 23,1 % de l’électricité qu’ils fournissaient était verte. Ils répercutaient cette contrainte sur la facture et de manière aléatoire d’un fournisseur à l’autre. De plus, le prix de l’électricité ne cesse d’évoluer en Belgique car on répercute les surcoûts liés au renouvelable. (23)

La 6 ème réforme de l’état a transféré aux régions la compétence tarifaire relative aux réseaux de distribution de gaz et d’électricité. Ce transfert s’inscrivait dans le contexte du marché de l’énergie libéralisé. Concrètement, c’est le régulateur régional, la CWaPE qui a été chargé de mettre au point la méthodologie tarifaire wallonne. Ce projet a permis d’établir un cadre régulatoire stable et prévisible permettant la transparence et la lisibilité des coûts.

A partir du 1 er janvier 2019, et jusque fin 2023, les propriétaires de panneaux photovoltaïques seront soumis à un tarif de distribution de gaz et d’électricité en Wallonie. Les propriétaires devront payer un forfait pour les frais de réseau de distribution et de transport pour l’électricité produite et réinjectée dans le système. Le prosumer qui ne voudrait pas payer ce forfait peut toujours opter pour un compteur double flux." (24)

En avril 2016, dans la cadre du suivi de la COP21, le plan air-climat-Energie 2016-2022 a été adopté par le gouvernement en deuxième lecture. Le PACE 2016-2022 contient 142 mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et autres polluants atmosphériques, améliorer la qualité de l’air et s’adapter aux impacts des changements climatiques. Différents secteurs d’activité sont concernés : agriculture, industrie, transport des personnes et des marchandises, résidentiel et tertiaire. (25)

Les régions ont besoin de soutien pour arriver à leurs objectifs. Les coûts liés à la production énergétique nucléaire et au démantèlement des centrales devraient plutôt être utilisés pour soutenir les formes d'énergies alternatives renouvelables.

La question de prolonger ou non la durée de vie des centrales nucléaires est toujours débattue par le Gouvernement.

En effet, le marché de l’électricité étant déjà libéralisé, les "seules manettes de contrôles de l’état" restent les centrales nucléaires. Actuellement, les centrales DOEL 1 et DOEL 2 sont toujours en activité. Leur fin de vie est prévue pour 2025, or de gros travaux, entre autres, pour respecter les normes de résistance sismique et protéger le béton défectueux, doivent être réalisés et ne s’achèveront qu’en 2025. Ce qui engendre de nombreux débats politiques, économiques et environnementaux. (26)

Car les centrales nucléaires génèrent très peu d’émissions de CO 2 et fournissent environ la moitié de l’électricité produite en Belgique. Une sortie brutale du nucléaire aurait pour effet de faire bondir le coût de production de l’énergie. (27)

Le 19 juillet 2018, le Gouvernement wallon a approuvé le Plan Wallon Energie Climat 2030. Ce plan constitue la contribution wallonne sur le Plan National Energie Climat (PNEC). Au niveau wallon, tous les secteurs devront fournir des efforts de réduction de la consommation, de réduction des émissions de GES et d'usage de solutions moins carbonées. Les secteurs contribuant de manière significative aux objectifs du plan sont : le transport, le bâtiment et la production d'énergie renouvelable. Parmi les principales mesures, on trouve la production d'énergie renouvelable avec une augmentation de la part de la consommation finale totale jusque 23,6 % majoritairement issue de la production éolienne, photovoltaïque et de la biomasse. (28)  


TRANSITION ENERGETIQUE

La transition énergétique vers une économie bas carbone en Belgique implique une vision d’avenir réaliste et une transformation sociétale.

"Cette transformation nécessitera une innovation sociétale, une innovation des modes de production et une innovation en termes d’organisation du travail. Elle exigera entre autres une adaptation du comportement des consommateurs et une adaptation de l’assortiment des biens et des services.

Les modèles de consommation ne doivent pas seulement changer en Belgique, mais aussi à l’étranger.

Il est dès lors de première importance que la Belgique soit mise en position de fabriquer des produits innovants apportant une valeur ajoutée pour relever les défis de la transition. Cette dynamique est une pierre angulaire pour l’exportation vers d’autres pays. Elle pourra alors, à travers l’exportation, également influencer le modèle de consommation d’autres pays.

Afin de pouvoir rester un acteur important dans la transition et afin de rendre les autres secteurs en mesure d’être plus efficaces en termes de CO 2 , il est important que l’industrie continue à chercher de nouveaux produits et procédés industriels en Belgique. Il est aussi important que les entreprises belges puissent continuer à investir pour développer des procédés plus efficients en termes de CO 2 ." (14)

"En matière de politique énergétique, et plus particulièrement en ce qui concerne les questions liées à la fourniture d’électricité, les enjeux, les contraintes et les acteurs sont multiples, ce qui complique considérablement l’équation globale. Si la volonté de transition énergétique est aujourd’hui une réalité en Europe, les politiques menées en conséquence pour conduire une telle évolution se heurtent à une série de difficultés. Au point qu’un certain immobilisme peut être à l’œuvre. Face à cette équation tellement complexe, force est de constater qu’une politique concertée et à long terme fait cruellement défaut en Belgique." (29)

En effet selon EDORA, une nouvelle ère énergétique doit conduire vers un modèle décentralisé, moins énergivore et connecté aux réseaux durables et intelligents.

Le solaire photovoltaïque, l’éolien, les biocarburants de nouvelle génération, les véhicules décarbonés, le stockage de l’énergie et les smart grids figurent parmi les piliers de la transition énergétique, mais aussi parmi les futurs moteurs de la croissance économique.

La transition énergétique va coûter beaucoup d'argent. En effet, elle nécessite de développer des réseaux intelligents pour y intégrer les renouvelables. Ces compteurs intelligents sont nécessaires pour gérer les pointes de production, obtenir des déplacements de consommation, et faire payer à chacun un coût équitable. Les gestionnaires de réseaux ont pris la décision de ne les installer que graduellement alors qu’un déploiement massif et rapide serait souhaitable en termes de production, de vente et de services aux clients.

Une entreprise qui arrive à diviser par deux sa consommation d'énergie, divise par deux sa facture énergétique.  C'est aussi très bon d'un point de vue social car cela améliore le pouvoir d’achat des citoyens en leur permettant de fortement réduire leur facteur d’électricité, de gaz, de fioul et d’essence. Cela est important pour les moins nantis qui vivent souvent dans des bâtiments particulièrement mal isolés. Enfin, cela permettrait de créer des millions d’emplois non-délocalisables, notamment dans le secteur de la rénovation des bâtiments. (30)

Les différents acteurs wallons dans le monde de l’énergie :

Tweed - le cluster des Technologies wallonnes de l'énergie renouvelable et de l'environnement rassemble des sociétés actives dans le secteur de l'énergie durable. L'objectif est de fédérer les entreprises du secteur afin d'influencer les politiques régionales en matière d'économie d'énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il a aussi pour but de montrer que le secteur est un vecteur de croissance. Il comprend trois domaines : les filières de production et d'exploitation des énergies renouvelables (éoliennes, biomasse, cogénération, etc.), l'efficacité énergétique et l'impact climatique en industrie (technique d'enfouissement du CO 2 , etc.) ainsi que les produits et services verts (moteurs hybrides, etc). (31)

EDORA, créée en 2003, est la fédération des entreprises actives dans les énergies renouvelables qui assure la représentation économique et politique du secteur. (32)

La fédération regroupe les producteurs d'électricité et/ou de chaleur de sources renouvelables, de bureaux d'études, fabricants, distributeurs, associations et centres de recherche. En termes de représentativité, EDORA couvre plus de 90 % de la production d'électricité et de chaleur de sources renouvelables en Wallonie et à Bruxelles. Nos actions visent à favoriser et soutenir le développement de la filière renouvelable. Nous fédérons l’ensemble des acteurs économiques développant des produits et services innovants tournés vers la transition énergétique, l’intégration des renouvelables et la gestion durable de l’énergie dans les bâtiments…

REScoop, fédération des associations et des coopératives de citoyens de l’énergie renouvelable. Cette association a été créée dans le courant de l'année 2010 à la suite de la nécessité de mieux défendre les intérêts des citoyens ordinaires dans la transition énergétique. (33)

GREENWIN, pôle de compétitivité wallon, est un accélérateur d’innovation en technologies environnementales, il favorise le développement de projets et de partenariats technologiques autour de trois axes stratégiques que sont la chimie durable, la construction durable et les technologies environnementales.
La chimie biosourcée, le stockage et la gestion de l’énergie, les éco-quartiers, la gestion et l’assainissement de l’eau et des sols, le recyclage des déchets sont autant de thématiques porteuses pour le pôle. (34)

La première publication réalisée en 2013 « Métiers d’avenir », dans une vision à moyen terme et pour la Wallonie, balaie les différents facteurs d’évolution du secteur et leurs effets présumés sur l’évolution des métiers. Le lecteur intéressé peut consulter les tendances issues de ce travail prospectif via : Métiers d'avenir pour la Wallonie -  Energie .
Ensuite, en 2016, une analyse plus approfondie des grandes tendances de la transition numérique et de ses effets sur les activités, les métiers et les compétences du secteur a été réalisée : Métiers d'avenir 4.0 - La transition numérique - Energie .
Une analyse détaillée du métier de conseiller en énergie en industrie a été réalisée en 2018.

 

(1) La digitalisation au cœur de la transition énergétique, Jobs Regions, 30/03/2018

(2) Camille Stassart, Transition énergétique : l’abandon difficile des énergies fossiles, Athena 327, janvier 2017

(3) https://www.rtbf.be/info/societe/detail_cop23-mobilisation-pour-sortir-du-charbon-et-lutter-contre-le-rechauffement?id=9764647

(4) http://www.renouvelle.be/fr/actualite-belgique/le-scenario-des-ong-pour-une-belgique-durable-en-2030

(5) Les energies renouvelables: état des lieux et perspectives

(6) http://europa.eu/pol/ener/flipbook/fr/files/energie.pdf

(7) http://www.touteleurope.eu/les-politiques-europeennes/energie.html

(8) UE - Un nouvel objectif d'efficacité énergétique pour stimuler la recherche et le développement

(9) Panorama statistique -2011- SPF économie, PME, classes moyennes et énergie.

(10) http://www.touteleurope.eu/actualite/l-union-de-l-energie-la-relance-de-la-construction-europeenne.html

(11) https://plus.lesoir.be/195989/article/2018-12-17/cop24-trop-tard-et-trop-peu-mais-il-faut-agir

(12) http://www.elia.be/~/media/files/Elia/publications-2/Rapports/Elia-view-on-Belgium-Energy-Vision-for-2050-FR.pdf

(13) Calculs effectués sur base d’Eurostat, exprimés en 1000 TEP par million d’euros de valeur ajoutée, moyenne sur la période 2009-2014
(valeur ajoutée brute – lien) et (consommation finale d’énergie – lien)

(14) CCE, Avis CCE 2017-2055, Défis sociaux, économiques et environnementaux à relever dans la définition

(15) https://www.lecho.be/journal/ipaper/20171010

(16) Rapport 2017 pour la Belgique SWD (2017) 67 final du 22 février 2017

(17) La Belgique en quête d’un nouvel avenir énergétique, Le Soir, 30/01/2017

(18) https://www.rtbf.be/info/societe/detail_efforts-climatiques-la-belgique-se-classe-32eme-sur-les-60-pays-les-plus-polluants?id=9763031

(19) http://www.renouvelle.be/fr/outils/etude-139-pays-100-renouvelables-en-2050

(20) Bureau Fédéral du Plan, Le paysage énergétique belge à l’horizon 2050, octobre 2017

(21) http://www.renouvelle.be/fr/actualite-belgique/plus-de-200-communes-wallonnes-en-transition-energetique

(22) Edora (fédération des énergies renouvelables)

(23) Panne de vent au Conseil d'Etat - Le Soir - 30/01/2015

(24) Les futurs tarifs énergétiques wallons contestés, L'Echo, 26/08/2017

(25) http://gouvernement.wallonie.be/communiqu-s-de-presse-relatifs-au-gouvernement-wallon-du-jeudi-21-avril-2016

(26) Le Soir - 11 mars 2016 - Technologie : Le nucléaire a pris un coup sévère, mais il vit encore

(27) http://www.engie.be/fr/pacte-energetique

(28) http://www.wallonie.be/fr/actualites/approbation-du-plan-wallonie-energie-climat-2030

(29) (CRISP) quel rôle politique - transition énergetique

(30) http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2016/02/union-energie-reactions/index.html

(31) http://clusters.wallonie.be/tweed/fr/

(32) http://www.edora.org/index_ok.php?id_menu

(33) http://www.rescoop.be

(34) http://www.greenwin.be

Positionnement économique du secteur

Commerce extérieur

Exportation

En Belgique, en 2017, le secteur de l'énergie a exporté pour une valeur de 14.328 millions d’euros.

Cela représente 5,2 % de la valeur totale des exportations tous secteurs confondus en Belgique. Ce pourcentage classe le secteur de l’énergie en 7 ème position par rapport aux autres secteurs. Il était en 2 ème position en 2013.

Depuis 2012, les exportations avaient chuté. En 2017, cependant, elles connaissent une augmentation.

Une augmentation de 14,3 % est observée entre 2016 et 2017. Sur 5 ans, les exportations ont chuté de 43,0 %.

Selon les régions, les exportations se répartissent de la manière suivante :

Flandre : 13.398.826.465 euros ; ce qui représente 93,5 % du total des exportations,

Wallonie : 827.421.599 euros ; ce qui donne 5,8 % du total des exportations,

Bruxelles-Capitale : 102.257.574 euros ; ce qui équivaut à 0,7 % du total des exportations.

En Wallonie, les exportations ont augmenté de 16,8 % entre 2016 et 2017 et diminué de 25,9 % en 5 ans.  En 2017, le secteur de l’énergie se classe en 8 ème position par rapport aux autres secteurs avec 1,8 % de la valeur totale des exportations. Les deux sous-secteurs les plus représentatifs en termes de valeur d'exportation sont le raffinage du pétrole et la production, le transport et la distribution d'électricité.


Valeur des exportations du secteur selon les régions entre 2012 et 2017
Source: BNB 2012-2017, calculs le Forem

Importation

En 2017, la valeur des importations du secteur énergie s'est élevée à 13.071 millions d’euros pour la Belgique ; ce qui correspond à 4,7 % de la valeur totale des importations. Par rapport à l'ensemble de tous les secteurs, le secteur de l’énergie est classé en 8 ème place.

Plus de 93 % de la valeur des importations était destinée à la Flandre, 1,8 % à la Wallonie et 4,8 % à Bruxelles-Capitale.

En 2017, en Wallonie, le secteur de l’énergie se classe en 18 ème position par rapport aux autres secteurs avec 0,6 % de la valeur totale des importations.

Chiffre d'affaires

En 2017, en Belgique, le chiffre d'affaires (CA) du secteur de l'énergie s'élève à 34.122 millions d’euros soit 3,0 % du chiffre d'affaires de l'ensemble des secteurs. Il est classé en 9 ème position.


Entreprises du secteur

Belgique

En 2017, pour l'ensemble de la Belgique, 261 unités d’établissements (1) relèvent du secteur de l'énergie et sont réparties de la façon suivante :

Flandre : 55,2 % (144 unités d’établissements)

Wallonie : 33,7 % (88 unités d’établissements)

Bruxelles-Capitale : 11,1 % (29 unités d’établissements).

Ce secteur est classé en 29 ème position parmi tous les secteurs.

La part d’établissements en Wallonie, dans ce secteur, est plus élevée que la part d'établissements de l'ensemble des secteurs ; ce qui n’est pas le cas en Flandre et à Bruxelles-Capitale.

En 5 ans, le taux de croissance des entreprises en Belgique est négatif (- 0,4 %). Entre 2016 et 2017, le taux de croissance est de - 1,1 %.

Avec 213 unités d’établissements, le sous-secteur de "la production, transport et distribution d’électricité" est le plus important en Belgique.

En Wallonie, en 2017, le nombre d’établissements du secteur de l’énergie est au nombre de 88, soit 0,1 % des établissements totales tous secteurs confondus. Le taux de croissance en 5 ans est négatif (- 7,4 %). Entre 2016 et 2017, le taux de croissance est de - 1,1 %.

C’est dans le sous-secteur de la production, transport et distribution d’électricité que le nombre d’établissements est le plus élevé.


Nombre d'établissements du secteur pour la Belgique et les régions en 2017
Source: ONSS, statistiques décentralisées, juin 2017, calculs le Forem

Répartition des établissements entre les régions en 2017
Source: ONSS, statistiques décentralisées, juin 2017, calculs le Forem

Wallonie

En 2017, en Wallonie, le secteur de l'énergie comptabilise 88 établissements.

La répartition des établissements par taille est la suivante :

43,2 % des établissements : moins de 10 travailleurs.

23,9 % des établissements : entre 10 à 49 travailleurs.

25,0 % des établissements : entre 50 et 199 travailleurs.

8 % des établissements : plus de 200 travailleurs.

Cette ventilation selon la taille diffère de la répartition des entreprises pour l'ensemble des secteurs : en particulier, la part de très petites entreprises (moins de 10 personnes) est moins importante. En effet, alors que le secteur de l'énergie compte plus de 4 établissements sur 10 avec moins de 10 travailleurs, c'est le cas de près de 8 établissements sur 10 pour l'ensemble des secteurs. De même, plus de 3 établissements sur 10 du secteur énergétique compte entre 10 et 50 travailleurs (c'est le cas de moins d’une entreprise sur cinq tous secteurs confondus). Le secteur énergétique compte un quart d'établissements de 50 à 200 travailleurs, contre près de 3,7 % tous secteurs confondus. Quant aux établissements de plus de 200 personnes, elles représentent moins d’1 entreprise sur 10 dans le secteur de l’énergie et très peu pour les entreprises tous secteurs confondus.


Répartition des établissements par taille en 2017
Source: ONSS, statistiques décentralisées, juin 2017, calculs le Forem
 

La distribution des établissements du secteur énergétique par province suit globalement celle de l'ensemble des établissements wallons. Le poids des établissements du secteur énergétique par rapport à l’ensemble des établissements tous secteurs confondus est plus important en province de Liège, en province de Luxembourg et en province de Namur.

En 2017, on constate une forte concentration des établissements du secteur dans la province de Liège et ce, à hauteur de 37,5 %. Dans le Hainaut, nous avons une représentation de 25 % ; la province de Namur, 20,5 % ; la province de Luxembourg, 12,5 % ; et le Brabant wallon, 4,6 %.


Répartition des établissements entre les provinces en 2017
Source: ONSS, statistiques décentralisées, juin 2017, calculs le Forem


(1) Le terme "établissement" désigne, pour les statistiques ONSS, l'unité d'établissement c'est-à-dire un lieu d'activité, géographiquement identifiable par une adresse où s'exerce au moins une activité de l'entreprise. Il ne faut donc pas confondre avec la notion d'employeur (un employeur peut compter différentes unités d'établissement).

Emploi dans le secteur

Niveau d'emploi

Belgique

En 2017, dans le secteur de l'énergie, 22.262 postes de travail (1) sont comptabilisés pour la Belgique soit 0,6 % de la totalité des postes de travail en Belgique ; ce qui représente un taux de croissance négatif entre 2012 et 2017 de - 6,2 %. Ce secteur est classé en 26 ème position parmi tous les secteurs.

Entre 2016 et 2017, l’évolution a été négative (- 1,5 %).

La répartition par région est la suivante :

Flandre : 56,6 %

Wallonie : 24,8 %

Bruxelles-Capitale : 18,7 %.

Le statut le plus représenté dans les trois régions est le statut d’employé (19.993 postes au total), suivi en faible proportion des fonctionnaires et des ouvriers.

On constate que le sous-secteur "Production, transport et distribution d'électricité" comprend le nombre de postes de travail le plus important : 17.467 postes.


Nombre de postes de travail salarié du secteur selon le statut pour les différentes régions et la Belgique en 2017
Source: ONSS, statistiques décentralisées, juin 2017, calculs le Forem

Répartition des postes de travail salarié entre les régions en 2017
Source: ONSS, statistiques décentralisées, juin 2017, calculs le Forem

Wallonie

En Wallonie, en 2017, le secteur de l’énergie dénombre 5.517 postes de travail salarié soit 0,5 % de la totalité des postes de travail en Belgique ; ce qui représente un taux de croissance négatif de – 6,6 % entre 2012 et 2017 et - 0,9 % entre 2016 et 2017.

La répartition sur base du statut est la suivante :

Employé : 86,3 %

Fonctionnaire : 11,2 %

Ouvrier : 2,5 %.

La plupart des postes de travail sont répertoriés dans le sous-secteur "Production, transport et distribution d’électricité" (5.244 postes de travail).


Nombre de postes de travail salarié du secteur selon le statut entre 2012 et 2017
Source: ONSS, statistiques décentralisées, juin 2012-2017, calculs le Forem
 

La répartition hommes/femmes est, en 2017, la suivante : on dénombre 4.148 hommes (75,2 %) et 1.369 femmes travaillant dans ce secteur (24,8 %).

La répartition des postes sur base du statut montre en premier lieu une majorité d'employés ; celle-ci est suivie par un petit nombre de fonctionnaires et enfin les ouvriers représentent une part infime du total.

Quant à la représentation homme-femme, on constate que les hommes sont largement majoritaires dans ce secteur ce qui n’est pas le cas tous secteurs confondus.


Nombre de postes de travail salarié du secteur selon le statut et le genre en 2017
Source: ONSS, statistiques décentralisées, juin 2017, calculs le Forem
 

En 2017, la province de Liège affiche le nombre le plus important de postes de travail : 46,2 %. Dans les autres provinces, la répartition des postes de travail est la suivante : Hainaut : 24,5 %, Namur : 17,9 %, Luxembourg : 6,2 % et Brabant wallon : 5,2 %.

 

Ce secteur représente proportionnellement plus d'emplois que les autres secteurs dans la province de Liège et de Namur ; dans les provinces de Hainaut, du Brabant wallon et du Luxembourg, c'est le contraire.


Répartition des postes de travail salarié entre les provinces en 2017
Source: ONSS, statistiques décentralisées, juin 2017, calculs le Forem 

Les indépendants

En Belgique, le nombre d’indépendants (2) recensés en 2017 dans le secteur énergie est de 21 personnes.

Il est en diminution entre 2016 et 2017 (- 8,7 %). Sur une période de 5 ans, la diminution atteint les 30 %.

Parmi les trois régions, c’est en Région flamande que la baisse est la plus importante.

En Wallonie en 2017, on recense 4 indépendants tout comme en 2016. En 5 ans, leur nombre a chuté de 60 %.


Evolution du nombre d'indépendants du secteur entre 2012 et 2017 pour les régions
Source: INASTI, 2012-2017, calculs le Forem


(1) L’unité statistique « poste de travail » découle de la notion de « travailleur assujetti à la sécurité sociale ». La statistique des postes de travail occupés à la fin d’un trimestre consiste à dénombrer le nombre de travailleurs occupés par chaque employeur à la fin d’un trimestre. Les travailleurs qui, à la fin d’un trimestre, sont occupés par plus d’un employeur, sont comptabilisés plusieurs fois (ONSS).
(2) Un travailleur indépendant est toute personne physique qui exerce en Belgique une activité professionnelle en raison de laquelle elle n'est pas engagée dans les liens d'un contrat de louage de travail ou d'un statut (INASTI).

Commissions paritaires

Ci-dessous vous trouverez les principales commissions paritaires liées au secteur.

Numéro de la CP Intitulé de la CP
116 Commission paritaire de l'industrie chimique
117 Commission paritaire de l'industrie et du commerce du pétrole
207 Commission paritaire pour employés de l'industrie chimique
211 Commission paritaire pour employés de l'industrie et du commerce du pétrole
326 Commission paritaire de l'industrie du gaz et de l'électricité

Métiers du secteur

Les métiers les plus demandés par le secteur d'activités, c'est-à-dire classés par ordre décroissant du nombre d'opportunités d'emploi gérées par le Forem en 2017 en provenance de ce secteur.

Codes NACE

Le secteur Energie est composé des codes Nace-Bel 2008 suivants :
  • 19.1 Cokéfaction
  • 19.2 Raffinage du pétrole
  • 35.1 Production, transport et distribution d'électricité
  • 35.2 Production et distribution de combustibles gazeux
  • 35.3 Production et distribution de vapeur et d'air conditionné

Associations sectorielles

Ci-dessous vous trouverez une liste non-exhaustive d'associations sectorielles (fédérations patronales, associations paritaires, centres de compétences, clusters ou autres).
Nom Description Lien
ARGB

Association royale des gaziers Belges
http://www.cerga.be/fr/argb-et-contacts
Cluster TWEED

Cluster TWEED (Technologie Wallonne Energie - Environnement et Développement durable)
http://clusters.wallonie.be/tweed-fr/
EDORA

Fédération des producteurs d'énergie renouvelable
http://www.edora.org/
FEBEG

Fédération Belge des Entreprises Electriques et Gazières
https://www.febeg.be/
FEBUPRO

Fédération Butane Propane
http://www.febupro.be
FPB

Fédération pétrolière de Belgique
https://www.petrolfed.be/fr
REScoop Wallonie

Fédération wallonne des associations locales et coopératives d'énergie renouvelable
https://www.rescoop-wallonie.be/
SYNERGRID

Fédération des Gestionnaires de Réseaux Electricité et Gaz en Belgique
http://www.synergrid.be
VOLTA

Centre pour l'éducation et la formation professionnelle pour le secteur des électriciens
https://www.volta-org.be/fr
Imprimer