Découvrir un secteur :
Aéronautique
L’industrie aéronautique est divisée en trois parties.
D’un côté, la fabrication aéronautique reprend les professionnels qui conçoivent, fabriquent ou participent à la fabrication et réparent des aéronefs conçus pour le transport de marchandises ou de passagers.
De l’autre côté, le transport aérien de passagers ou de fret, avec des femmes et des hommes qui pilotent, réparent, guident ou assurent la sécurité des milliers d'avions qui passent chaque jour au-dessus de nos têtes.
Enfin, l'industrie spatiale s'occupe de la construction de véhicules spatiaux, de leurs lanceurs, de satellites, de sondes planétaires et de stations orbitales.
Analyse du secteur
Le domaine aéronautique et spatial est un secteur global, mondialisé avec une forte valeur ajoutée où la concurrence est particulièrement intense.
La Wallonie est un acteur important de ce marché. Forte d’un tissu d’entreprises composé principalement de PME, elle peut aussi compter sur quatre grandes entreprises, des centres de recherches et universités de pointe.
Grâce à ce vivier de compétences, la Wallonie a su faire valoir son expérience, se renouveler et développer de nouveaux outils. De nombreuses perspectives s'ouvrent dans ce secteur à travers des recherches pour la transition écologique.
Haute valeur ajoutée
Les activités de recherche et développement du secteur aéronautique et spatial fournissent une valeur ajoutée importante à l’industrie. En effet, les avancées réalisées sur les machines, outils et nouvelles technologies de ce secteur peuvent être transposables à tout un ensemble d’autres domaines (la médecine, l’informatique, les télécommunications...).
Le savoir-faire wallon est donc facilement exportable et de nombreuses collaborations internationales impliquent nos entreprises (sous-traitance d’éléments de fusée, développement de simulateurs pour missions spatiales, fournisseurs de pièces d’avion, développement de bio-imprimante…).
L’innovation est au cœur de ce secteur, soutenue par des partenariats collaboratifs européens et internationaux. La Wallonie participe activement à des programmes tels qu’Horizon Europe, favorisant la recherche conjointe et le développement de technologies de pointe. Ces collaborations renforcent la compétitivité des entreprises locales et leur accès aux marchés globaux.
La formation et le développement des compétences constituent un autre pilier fondamental. La Wallonie bénéficie d’un réseau d’établissements d’enseignement supérieur de haut niveau (notamment l’ULiège et l’UCLouvain) qui propose des formations spécialisées en ingénierie aéronautique et spatiale. En outre, des programmes de formation continue et d’adaptation des compétences permettent aux professionnels d’évoluer dans un secteur en constante mutation.
Comme beaucoup d’autres domaines, l’aéronautique se voit transformée par la numérisation et la digitalisation. Cela influe sur les machines mais aussi sur les travailleurs dont le profil recherché s’élargit et évolue. De nouveaux profils spécialisés dans les cyber technologies intègrent toutes les phases, de la réflexion à la réalisation.
Outre la course technologique qui a lieu, la concurrence économique est également forte. Les entreprises belges ont pu compter sur le soutien des politiques publiques et des fédérations sectorielles wallonnes pour stimuler la dynamique d’innovation.
Transition écologique
Le secteur aéronautique est confronté à un défi complexe : concilier croissance économique, accessibilité du transport et réduction drastique de son impact environnemental. L’enjeu de la transition stimule les avancées technologiques mais exerce une pression sur le secteur. Actuellement, le transport aérien est responsable de 2,5% à 3% des émissions mondiales de CO2.
En octobre 2022, 193 états ont pris un accord pour atteindre la neutralité carbone en 2050 dans l'aviation civile mondiale. Cette décision devrait engendrer 1.550 milliards de dollars d’investissements selon l’Iata (l'Association Internationale du Transport Aérien). De son côté, la Commission européenne a imposé un minimum de 2% de carburant durable ou sustainable aviation fuel (SAF) dans le kérosène des avions européens en 2025 et 5% en 2030.
Les carburants d’aviation durables représentent aujourd’hui l’un des leviers majeurs de cette transition. Issus de résidus agricoles, de déchets forestiers ou d’huiles usagées, ces carburants permettent de réduire de 70 à 80% les émissions de CO₂ sur l’ensemble de leur cycle de vie. Toutefois, leur production reste encore marginale – moins de 0,1% du carburant consommé dans le monde en 2023 – et leur prix demeure élevé, posant la question de leur montée en puissance à l’échelle industrielle.
En parallèle, les grands constructeurs misent sur des ruptures technologiques plus profondes. Airbus, par exemple, développe des prototypes d’avions propulsés à l’hydrogène, avec une première mise en service envisagée à l’horizon 2035. L’hydrogène présente l’avantage de ne pas générer d’émissions de CO₂ à l’usage, mais soulève encore d’importants défis en matière de stockage, de distribution et d’infrastructure aéroportuaire. D’autres acteurs investissent dans la propulsion électrique, qui, bien que limitée à de petits appareils régionaux pour des raisons de densité énergétique des batteries, ouvre des perspectives intéressantes pour la mobilité urbaine aérienne.
Outre les motorisations alternatives, les efforts se concentrent également sur la modernisation de la flotte et l’optimisation des opérations aériennes. Le remplacement progressif des avions anciens par des modèles plus efficients – comme l’A320neo ou le Boeing 787 – permet déjà des économies de carburant de l’ordre de 15 à 25%.
En parallèle, la numérisation des trajectoires de vol et une gestion plus fine du trafic aérien, dans le cadre du programme européen SESAR, pourraient réduire les émissions de près de 10% en optimisant les plans de vol et en diminuant les attentes en vol ou au sol.
L’enjeu environnemental se manifeste également dans la conception même des appareils. L’éco-conception devient une approche structurante pour l’industrie, qui cherche à réduire l’empreinte carbone dès la phase de production en utilisant des matériaux recyclables, en allégeant les structures et en limitant l’usage de composites non réutilisables. Cette logique s’étend jusqu’au démantèlement des avions, une activité en pleine structuration : aujourd’hui, jusqu’à 90% d’un aéronef peut être recyclé ou réemployé, notamment les métaux et certains composants techniques.
Cette transformation environnementale repose sur un socle d’innovation soutenu à la fois par des investissements privés et des partenariats publics. Des initiatives telles que Clean Aviation au niveau européen, ou les actions menées par les pôles de compétitivité comme Skywin en Wallonie, illustrent l’importance de la collaboration pour faire émerger des technologies de rupture. En parallèle, la transition écologique soulève de nouveaux défis sociaux et économiques : elle implique une transformation profonde des compétences, la nécessité d’accompagner les filières dans leur reconversion, et pose aussi la question de l’accessibilité du transport aérien dans un contexte de renchérissement des coûts.
Ainsi, la transition écologique du secteur aéronautique n’est pas seulement une nécessité environnementale. Elle constitue une opportunité stratégique pour renforcer l’innovation, valoriser les compétences locales et positionner l’Europe – et la Wallonie – comme pionnière d’un modèle d’aviation durable, capable de concilier performance économique et responsabilité climatique.
Le spatial
Ces 20 dernières années, le chiffre d’affaires du secteur spatial wallon a triplé. La Wallonie constitue une part importante de l’activité belge, elle-même en 5e position européenne en termes d’investissements dans la recherche spatiale.
Là où l'industrie aéronautique vise une finalité commerciale et une production de masse, l'industrie spatiale produit principalement des pièces uniques. Aujourd'hui, la perspective de commercialisation des activités spatiales provoque un changement de paradigme. Les enjeux climatiques devront également être intégrés à l’ouverture du marché.
Selon le pôle de compétitivité Skywin, les activités en Wallonie couvrent les 7 principaux segments du secteur spatial :
- le segment sol
- les lanceurs et véhicules spatiaux
- les satellites
- les instruments (d’observation de la Terre)
- les essais des équipements spatiaux
- les applications satellitaires au sol
- la science spatiale qui couvre les missions scientifiques et l'exploration.
Le secteur des drones est également en forte croissance en Wallonie. Il s'articule surtout autour des activités suivantes :
- Développement d'applications embarquées, qui peuvent être étroitement liées aux applications embarquées dans l’espace
- Développement de services de tous types pour l'industrie et le secteur public
- Conception de machines
- Conception d'électronique à embarquer
- Formation des pilotes.
Le secteur en chiffres
Évolution du nombre d'établissements selon les régions
Le secteur de l'aéronautique compte 232 établissements en Belgique en 2023.
Près de 35% de ceux-ci sont actifs dans le transport de passagers.
Le nombre d'établissements en Belgique est assez stable ces cinq dernières années.
Répartition des établissements entre les régions
La Wallonie compte près de 25% des entreprises actives dans l'aéronautique.
Plus de 6 établissements sur 10 actifs dans le transport aérien en Belgique sont situés en Flandre.
Répartition des établissements entre les provinces wallonnes
La province de Liège se démarque en Wallonie.
Avec 36 établissements, elle représente plus de 66% des établissements wallons du secteur.
Répartition des établissements et des postes selon la taille de l'établissement en Wallonie
Les établissements de plus de 200 personnes sont proportionnellement plus nombreux dans ce secteur que pour tous les secteurs confondus. Ils représentent près de 82% des postes du secteur.
Évolution du nombre de postes de travail salarié selon les régions
Suite à la crise santaire, le volume d'emploi du secteur avait fortement diminué. La Flandre a été la plus touchée au vu du volume de postes occupés dans le transport aérien alors fortement impacté.
En comparaison à l'année 2019, la Wallonie a augmenté son volume salarial. La Flandre a presque retrouvé son volume salarial pré-crise covid. Bruxelles voit son nombre de postes salariés diminué.
Répartition des postes de travail salarié entre régions
Le volume d'emploi wallon dans ce secteur est plus important que pour les autres secteurs.
Chaque région a des spécialités sous-sectorielles pour lesquelles son volume d'emploi est plus important.
Exemple : 75% de l'emploi belge du transport aérien de fret est wallon.
Répartition des postes de travail salarié entre les provinces wallonnes
Comme pour la répartition des établissements entre les provinces wallonnes, la province de Liège se démarque avec près de 51% de l'emploi du secteur en Wallonie, suivie par la province du Hainaut avec presque 40%.
Ces deux provinces comptent, en comparaison avec tous les secteurs, plus d'emplois dans le secteur aérien.
Répartition des postes de travail salarié par genre et catégorie d'âges
Le secteur compte un plus grand nombre d'hommes que de femmes.
La tranche d'âge des 25-38 ans est la plus représentée.
Métiers associés à ce secteur
Sélection des métiers les plus demandés par les entreprises de ce secteur d'activité.
Offres d'emploi liées au secteur
Commission paritaire
- 111 Commission paritaire des constructions métallique, mécanique et électrique
- 140 Commission paritaire du transport et de la logistique
- 209 Commission paritaire pour employés des fabrications métalliques
- 315 Commission paritaire de l'aviation commerciale
Liens
Date de mise à jour 01 juin 2025
Chiffres clés du secteur
-
57 établissements
-
7272 postes de travail
-
5 indépendants