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Informatique

Informatique

Le secteur de l'informatique est composé de plusieurs sous-secteurs.

  • Télécommunications. Ce sous-secteur couvre les activités de mise à disposition de services de télécommunications et de services connexes, c'est-à-dire de transmission de la voix, de données, de textes, de sons et d'images. Les installations de transmission assurant ces activités peuvent reposer sur une ou plusieurs technologie(s). Nous retrouvons dans ce sous-secteur, la télécommunication filaire, sans fil, par satellite ainsi que les autres activités de télécommunications (fourniture de l'accès au téléphone, à Internet, l'exploitation de stations terminales de satellites...).
  • Programmation, conseil et autres activités informatiques. Ce sous-secteur comprend les activités suivantes, destinées à fournir une expertise dans le domaine des technologies de l'information: concevoir, modifier, tester et prendre en charge des logiciels (dont les jeux électroniques), planifier et concevoir des systèmes informatiques intégrant la technologie du matériel, celles des logiciels et celles des communications, gérer et exploiter sur place des installations informatiques et de traitement des données de clients et d'autres services professionnels et techniques de nature informatique.
  • Services d'information. Ce sous-secteur comprend les activités des portails de recherche sur Internet, de traitement et d'hébergement des données.

Analyse du secteur

Le secteur aujourd'hui

Le secteur de l'informatique se démarque par son caractère innovant et par le rôle qu’il joue dans la transformation des autres secteurs dans le cadre de la transition digitale de l’économie. Les entreprises du secteur proposent une palette de services et de technologies variés.

Produits et services

Le type de produits et de services proposés par les entreprises des services informatiques peut être approché grâce au Baromètre 2020 des Startups numériques et Tech en Wallonie développé par l’Agence du numérique qui se limite toutefois aux startups et intègre des entreprises « tech » actives en dehors du secteur informatique. Les entreprises interrogées peuvent développer plusieurs types de produits et services. Il apparaît que :  

  • 55 % des startups sont actives dans le domaine du logiciel (logiciels de gestion, sites et applications mobiles, jeux vidéo) 
  • 46 % dans les services (data analytics, digital marketing, vidéo et animation 2D/3D) 
  • 43 % dans les technologies avancées (Intelligence artificielle, Internet des objets, réalité augmentée ou virtuelle) 
  • 13 % dans le hardware (composants électroniques, géolocalisation et navigation…) 
  • 5 % dans le réseau (cloud computing, télécoms).

Les « technologies avancées » connaissent la plus forte progression par rapport au baromètre précédent.

Les services informatiques s’intègrent en générale dans une dynamique de B2B, les clients étant davantage des entreprises que des particuliers.

Les secteurs clients sont variés : la santé, industrie, électronique, pouvoirs publics…

Les services informatiques sont parfois internalisés au sein des entreprises, qui disposent alors d’un département ad hoc. Selon Statbel, le secteur informatique emploie 41 % des professionnels de l'informatique, les autres secteurs employeurs sont l’Industrie (12,2 %), le Commerce de gros et de détail (8,9 %), les Activités financières et d'assurance (7,9 %) et les Activités spécialisées, scientifiques et techniques (6,6 %). Les emplois sont alors comptabilisés dans les secteurs de l’employeurs, et non parmi les services informatiques.

Informatique et transition digitale

Le secteur informatique joue un rôle de premier plan dans la transition digitale de l’économie caractérisée par l’essor de l’Internet, l'expérience utilisateur et la dimension stratégique que revêtent les données. La stratégie numérique européenne pour 2030 est formalisée au travers de la « boussole numérique »  dont les quatre points cardinaux sont : une population qualifiée dans le domaine du numérique et des professionnels du numérique hautement qualifiés ; des infrastructures numériques sûres et durables ; la transformation numérique des entreprises et la numérisation des services publics. Si la transition digitale concerne l’ensemble de l’économie – avec notamment la nécessité pour tous de développer des compétences digitales – le développement de professionnels de l’informatique et d’infrastructures apparaissent incontournables dans la stratégie numérique européenne.

En Wallonie, le développement du secteur de l'informatique est l’un des cinq axes de la stratégie numérique pour la Wallonie portée par Digital Wallonia en partenariat avec différents acteurs institutionnels. Il s’agit plus précisément de développer et structurer le secteur pour capter les opportunités et la valeur ajoutée de l'économie du digital pour la Wallonie grâce à sept grands projets structurants visant à : accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle (DigitalWallonia4.ai), augmenter la visibilité du secteur sur la scène internationale (Digital Wallonia International), favoriser l’innovation grâce à la collaboration d’entreprises du secteur TIC et d’autres entreprises technologiques (Innovation numérique), promouvoir la recherche (Recherche et innovation), soutenir les startups du secteur (Startups & Tech), mobiliser un réseau de partenaires et représentants de la dynamique Digital Wallonia (Digital Wallonia Champions), et répertorier les initiatives et acteurs s'appuyant sur le numérique pour répondre à une urgence santé ou de société (Digital Wallonia 4 Good).

L’indice DESI (« Digital Economy and Society Index »), indice composite élaboré par la Commission européenne, mesure et compare les performances des États membres dans les principaux domaines de l’économie et de la société numériques. La Belgique se positionne à la 12ème place sur 28 sur base de cet indice, et affiche de bons scores, entre autres, en matière de connectivité fixe et mobile tant en termes de performance que de couverture et d’intégration des technologies numériques au sein des entreprises notamment de progiciels de gestion intégrée. Côté faiblesses, le SPF Economie cite le déficit de diplômés dans les filières informatiques, en particulier parmi les femmes, un retard dans le déploiement de la 5G ou des connexions via la fibre optique, la faible utilisation par les entreprises de la facturation électronique ou encore une politique open data et des services e-gouvernement trop peu développés. Ces résultats ne sont pas déclinables au niveau régional.

Évolutions récentes

Ces dernières années, quelques grandes tendances technologiques se sont imposées au sommet des préoccupations du secteur . Parmi elles, les technologies liées à l’intelligence artificielle et au big data, sont probablement celles qui semblent générer le plus d’attentes en termes de compétences ; tout comme l'Internet mobile. L’usage d’appareils mobiles s’est généralisé ces dernières années générant des besoins en conception d’applications mobiles responsives, de développement d’interfaces visuelles, vocales, … L’Internet mobile génère également de nombreux flux de données et favorise une approche de plus en plus personnalisée du client. Si le succès des smartphones a largement contribué au développement de l’Internet mobile, d’autres appareils connectés, assistants personnels, voitures, montres… favorisent également son expansion.

Par ailleurs, le nombre de connections Internet augmente de manière exponentielle sous le double effet de la croissance du nombre de personnes connectées et du déploiement des objets connectés (IoT, pour Internet of Things). L’Internet des objets est aujourd’hui essentiellement développé dans l’industrie (Industrie 4.0), mais pourrait gagner en importance dans les immeubles (smart building), les habitations privées (domotique) ou encore dans les espaces publics (smart cities). 

L’exploitation de ces grands volumes de données - le big data - est à la base de nouvelles créations de valeur et ceux-ci couplés, d’une part, à une puissance de calcul accrue des processeurs et d’autre part, à une plus grande vitesse de connexion, donne un nouvel élan au développement de technologies apparentées à l’intelligence artificielle.

Les domaines et secteurs d’application sont nombreux. Toutefois, les besoins en Wallonie demeurent au stade de l’acculturation et à l’intégration dans les processus.

Ces récents développements reposent sur des progrès en matière d’infrastructure : connexion Internet à très haut débit, stockage et traitement de données à distance, via le « cloud », ou encore de la captation de données via une diversité d’objets connectés.

Ces évolutions rendent possibles de nouvelles manières de travailler : collaboratives, à distance (téléworking et co-working) et mobiles.

Ces technologies nécessitent des modes de développement de type « agile », au plus près de l’utilisateur final et brouillant la frontière traditionnelle entre le développement et l’exploitation. Le concept de « Devops », contraction de developpement et operation traduit cette tendance à simultanément développer et mettre en exploitation des solutions informatiques.

À ces grands domaines qui interagissent fortement entre eux, il convient d’ajouter certaines technologies en plein développement comme la réalité virtuelle ou augmentée, les systèmes cyber-physiques (éléments physiques contrôlés par des éléments informatiques), la robotique ou cobotique (robots collaboratifs) ou encore l’impression 3D.

Aussi, dans une économie où la donnée génère de la valeur, la (cyber) sécurité constitue un enjeu majeur pour l’ensemble des secteurs.

Ces évolutions devraient maintenir à la hausse la demande en professionnels de l'informatique sur le marché, dont principalement le profil de développeur. D’autres métiers devraient également connaître une demande importante : ce sont ceux relatifs à la donnée dont le travail est de l’organiser (data engineer), la gérer (data officer), en extraire le potentiel (data scientist), la traiter et l’analyser (data analyst), la communiquer aux dirigeants d’entreprises (spécialiste BI) ou encore la protéger (expert en sécurité informatique) en particulier lorsqu’elle revêt un caractère personnel (Digital privacy officer).

Enfin, la crise provoquée par l’épidémie de Covid-19 a donné un coup d’accélérateur à la transition digitale, ouvrant de nouveaux marchés au secteur informatique. Toutefois, les perturbations sur les marchés mondiaux combinés à une reprise de l’activité quasi généralisée sur l’ensemble du globe ont provoqué en 2021 et début 2022 des pénuries ou des ruptures d’approvisionnement en matériaux électroniques tels que les semi-conducteurs. Ces perturbations ont mis en exergue la fragilité d’un système fortement dépendant de ressources puisées à l’étranger, ouvrant la réflexion à la relocalisation d’activité et à une utilisation plus rationnelle des ressources en énergie ou métaux nécessaires aux technologies numériques. On parle de « green IT » pour qualifier les technologies numériques développées pour minimiser leur consommation d’énergie.

Enfin, dans une logique de double transition environnementale et digitale, les technologies digitales apparaissent comme un levier pour une optimisation de l’utilisation des ressources naturelles, en général, c’est ce qu’on appelle l’IT for Green.

Tensions sur le marché de l’emploi

L’un des freins au développement du secteur réside dans les difficultés de recrutement. Ces difficultés sont confirmées par les analyses du Forem consacrées aux fonctions critiques en Wallonie, dans laquelle apparait régulièrement le métier de développeur par exemple. Dans son étude « La digitalisation et le marché du travail belge - Shaping the future of work », la fédération de l'industrie technologique AGORIA estime qu’à politique inchangée, 18 % des postes du secteur Informatique seraient non pourvus en 2030 faute de candidats.

Le secteur en chiffres

Évolution du nombre d'établissements selon les régions

Le secteur de l'informatique compte 6.482 établissements en Belgique en 2021.

Depuis 2017, les établissements du secteur ont augmenté de 23 % en Belgique.

Répartition des établissements entre les régions

Cette ventilation géographique, avec moins d’établissements du secteur dans le sud du pays et plus dans les deux autres régions, est propre au secteur.

Répartition des établissements entre les provinces wallonnes

La province du Brabant Wallon compte le plus grand nombre d'établissements du secteur informatique.

Répartition des établissements et des postes selon la taille de l'établissement en Wallonie

Le secteur de l'informatique comprend principalement des établissements de moins de 10 postes de travail.

Évolution du nombre de postes de travail salarié selon les régions​

Suivant l'évolution des établissements, le nombre de postes de travail salarié a  augmenté entre 2017 et 2021 en Belgique passant de 83.912 à 100.164, soit une croissance de 19 %.

L'évolution la plus conséquente a eu lieu en Wallonie et en Flandre avec une augmentation de 23%.

Répartition des postes de travail salarié entre les régions

Les postes de travail du secteur sont fort présents en Flandre, plus présents que d'autres secteurs en région bruxelloise et beaucoup moins en Wallonie.

Répartition des postes de travail salarié entre les provinces wallonnes​

Comme pour les établissements, la province du Brabant Wallon se démarque avec plus de 35 % des postes.

Répartition des postes de travail salarié par genre et catégorie d'âges​

Le secteur compte un plus grand nombre d'hommes que de femmes. Les tranches d'âge des "25-29" et des "30-34" ans sont les plus représentées.

Métiers associés à ce secteur

Sélection des métiers les plus demandés par les entreprises de ce secteur d'activité.

Offres d'emploi liées au secteur

Commission paritaire

Les commissions paritaires réunissent des représentants d'employeurs et de travailleurs pour établir des règlements adaptés aux conditions de travail. Les conventions collectives au sein de chaque commission paritaire déterminent les conditions de travail et de rémunération dans l'entreprise. Plus d’infos sur le site du SPF.
  • 200 Commission paritaire auxiliaire pour employés
  • 209 Commission paritaire pour employés des fabrications métalliques

Date de mise à jour 30 mai 2023

Chiffres clés du secteur

  • 1375 établissements
  • 15072 postes de travail
  • 624 indépendants

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