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Transport et logistique
Le secteur du transport et de la logistique regroupe des activités permettant la mobilité des passagers et des marchandises ainsi que les services associés (gestion des installations, manutention, entreposage, distribution du courrier...).Ces activités s’effectuent par la route, le rail et les voies d’eau.
Les activités de transport aérien relèvent quant à elles du secteur de l’aéronautique.
Analyse du secteur
En décembre 2023, le transport et la logistique (hors aérien) comptent 50 166 postes salariés en Wallonie, ce qui en fait le 8ᵉ secteur en volume d’emploi (4,5 %). Plus d’informations chiffrées sont disponibles dansl’onglet « chiffres ».
Les activités de transport, qu’elles concernent des personnes, des marchandises, des denrées ou du courrier, peuvent s’effectuer par voie fluviale ou terrestre. Le transport par voie d’eau comprend les activités maritimes, côtières et fluviales, chacune avec ses propres règles. Le transport terrestre regroupe les déplacements par route, par rail, par conduites (gaz, liquides…) ainsi que les transports urbains combinant route et rail.
À ces modes de transport s’ajoutent diverses activités logistiques : manutention, entreposage, organisation des flux ou encore l’acheminement du courrier.
Les métiers du secteur « transport et logistique » sont nombreux et requièrent une grande diversité de compétences. Dans certains contextes, notamment dans les petites structures, les rôles peuvent être polyvalents (par exemple : préparateur·trice de commandes, magasinier·ère et manutentionnaire). Dans des équipes plus importantes, les fonctions sont généralement plus spécialisées.
Cette diversité se retrouve également dans les niveaux de qualification. Plusieurs métiers sont accessibles sans diplôme spécifique. Des formations courtes et certifiantes existent, et certains métiers — en particulier dans la navigation — évoluent fortement en fonction de l’expérience acquise.
Enfin, plusieurs métiers du secteur du transport et de la logistique figurent dans la liste des métiers en tension établie annuellement par Le Forem.
Fonction critique : Conducteur / Conductrice de poids-lourd permis CE - convoi exceptionnel, Conducteur / Conductrice de trains et métros, Magasinier /Magasinière ;
Métier en pénurie : Conducteur / Conductrice de poids-lourd permis CE, Conducteur / Conductrice de poids-lourd permis CE – multibennes, Matelot dans la navigation intérieure, Chauffeur / Chauffeuse d'autocar, Commandant / Commandante Capitaine dans la navigation intérieure, Conducteur / Conductrice d'autobus, Conducteur / Conductrice de poids-lourd permis C
Digitalisation et automatisation
La digitalisation s’impose aujourd’hui comme un levier central de transformation dans le transport et la logistique. Pour organiser les flux, les entreprises utilisent désormais des Warehouse Management Systems (WMS), qui pilotent les activités des entrepôts, et des Transport Management Systems (TMS), qui optimisent la planification, l’affectation des moyens et le suivi du transport. Parallèlement, les technologies de traçabilité telles que les codes‑barres et la RFID (Radio Frequency Identification) se généralisent, permettant une visibilité immédiate sur le parcours des marchandises.
L’automatisation gagne aussi du terrain au sein des entrepôts et plateformes logistiques. Convoyeurs intelligents, robots mobiles autonomes (AGV/AMR) ou bras robotisés prennent en charge certaines tâches répétitives, améliorent la précision des opérations et permettent de traiter des volumes plus importants dans des délais réduits. Ces innovations transforment les environnements de travail : les fonctions liées à la préparation et à la manutention se combinent davantage avec des activités de supervision, d’ajustement des systèmes ou de maintenance de premier niveau.
Dans le transport routier, l’équipement électronique des véhicules progresse également. Les systèmes embarqués de sécurité, l’assistance à la conduite et les outils de suivi en temps réel améliorent la sécurité et la planification. Ils s’inscrivent dans une évolution plus large où la qualité du service repose autant sur la maîtrise des flux d’information que sur les opérations physiques au sens strict.
E-commerce
La montée du e‑commerce continue de remodeler le secteur. Selon le SPF Économie, environ deux tiers des internautes belges ont réalisé des achats en ligne en 2024, confirmant le caractère désormais incontournable de ce mode de consommation. Par ailleurs, 32 % des PME belges vendent en ligne, réalisant environ 20 % de leur chiffre d’affaires via l’e‑commerce, un niveau supérieur à la moyenne européenne.
Cette évolution modifie profondément l’organisation logistique. Les entreprises doivent gérer un volume élevé de commandes individuelles, souvent de faible taille et à livrer rapidement. Les entrepôts adaptent leurs processus en aménageant des zones dédiées aux flux rapides, en renforçant la préparation de commandes ou en développant des sites plus proches des zones urbaines afin de faciliter le « dernier kilomètre ». Les modes de livraison se diversifient — à domicile, en point relais ou via consignes automatiques — et exigent une coordination étroite entre la planification, la préparation et
la distribution.
Les périodes de pic (fêtes, soldes, promotions) accentuent ces besoins de flexibilité. Les entreprises doivent alors mobiliser des équipes élargies, ajuster les tournées en temps réel et composer avec les contraintes de mobilité, particulièrement en milieu urbain où le stationnement et la circulation deviennent des enjeux logistiques majeurs. Dans ce contexte, la capacité à gérer la variabilité et l’imprévu devient un élément essentiel des organisations du transport et de la logistique.
Transition écologique
La transition écologique occupe une place croissante dans le secteur du transport et de la logistique. Elle est portée à la fois par les réglementations européennes de réduction des émissions, par les politiques de mobilité durable et par l’évolution des attentes des entreprises comme des consommateurs.
Dans le transport routier, les flottes doivent progressivement s’adapter aux nouvelles normes environnementales. Le règlement (UE) 2024/1610 impose en effet aux constructeurs une réduction des émissions de CO₂ des véhicules lourds de 45 % dès 2030, 65 % en 2035 et 90 % en 2040 par rapport à 2019. Pour les autobus urbains, les objectifs sont encore plus ambitieux : 90 % de ventes zéro émission en 2030, puis 100 % en 2035. Ces exigences orientent les investissements vers des véhicules électriques, des solutions au biogaz, des carburants renouvelables ou, pour certains usages, l’hydrogène. Elles impliquent aussi une adaptation des infrastructures de recharge et d’avitaillement, ainsi qu’une planification renouvelée des trajets.
Le développement du transport multimodal constitue un autre levier important pour réduire l’impact environnemental. Le recours combiné à la route, au rail et à la voie d’eau permet de diminuer les émissions liées au transport de marchandises. À ce titre, le réseau fluvial wallon représente un atout pour le territoire : 32,28 millions de tonnes y ont été transportées en 2024, en légère progression par rapport à 2023. Les ports intérieurs et les plateformes multimodales contribuent ainsi à limiter le nombre de poids lourds sur les routes, notamment pour les marchandises lourdes ou volumineuses.
Les entrepôts et plateformes logistiques participent également à cette transition. Les entreprises renforcent l’efficacité énergétique de leurs bâtiments, optimisent les flux internes, réduisent leurs déchets et recourent davantage aux énergies renouvelables. Ces démarches s’inscrivent dans une logique plus globale de sobriété et d’amélioration continue des performances environnementales.
Perspectives d’évolution
Le secteur du transport et de la logistique devrait poursuivre sa transformation dans les prochaines années, sous l’effet combiné de la digitalisation, des évolutions environnementales et des changements dans les habitudes de consommation. Ces dynamiques vont continuer à remodeler l’organisation du travail, les compétences mobilisées et les activités clés du secteur.
La demande en services logistiques et de transport devrait rester soutenue. L’importance croissante du e‑commerce, la nécessité d’optimiser les chaînes d’approvisionnement et la gestion de flux internationaux de plus en plus complexes contribueront à maintenir un niveau d’activité élevé, y compris dans les segments opérationnels. En parallèle, l’automatisation et l’usage accru des outils numériques modifieront progressivement les processus internes : certaines tâches répétitives seront réduites, tandis que les besoins en compétences techniques, digitales et organisationnelles augmenteront.
La transition écologique influencera également les choix stratégiques des entreprises. La mise en conformité avec les normes européennes en matière d’émissions nécessitera une adaptation des flottes, une évolution des pratiques de planification et une meilleure performance énergétique des infrastructures. Le développement du transport multimodal, soutenu par les politiques publiques, renforcera le rôle des infrastructures fluviales et des plateformes logistiques dans la redistribution des flux et la réduction de l’empreinte environnementale du transport routier.
Ces évolutions favoriseront l’émergence de nouveaux métiers et renforceront la technicité de nombreuses fonctions existantes, notamment dans la conduite, l’organisation et la maintenance. Malgré l’automatisation, les besoins en main‑d’œuvre devraient rester importants dans les activités de terrain : conduite, manutention, préparation de commandes ou gestion des flux.
L’attractivité du secteur, la formation initiale et la montée en compétences seront donc des enjeux essentiels pour accompagner ces transformations. Globalement, le secteur devrait conserver un dynamisme significatif, porté par l’intégration progressive des technologies, la diversification des flux logistiques et la transition environnementale.
Le secteur en chiffres
En 2023, pour l’ensemble de la Belgique, le secteur du transport et de la logistique (hors aérien) comptait 11.379 établissements, c’est-à-dire 11.261 lieux d’activités identifiables par une adresse où s’exerce au moins une activité de l’entreprise ; un employeur peut compter plusieurs unités d’établissement. Ce nombre peut être considéré comme stable par rapport à 2022 (11.261 établissements) avec quelques unités d'établissement en plus presque chaque année depuis 2017. La Wallonie en abrite sur son territoire 2.494, la Flandre 7.356, et Bruxelles-Capitale 1.529.
Évolution du nombre d'établissements selon les régions
En 2023, le secteur du transport et de la logistique (hors aérien) se place à nouveau à la 9ème position en nombre d’établissements, tous secteurs confondus. Il représente 3,8 % des établissements en Belgique. À l’échelle de la Wallonie, il est en 12ème position avec 2,8 % de l’ensemble des établissements.
Répartition des établissements entre les régions
En 2023, lorsque la répartition géographique des établissements du transport et de la logistique (hors aérien) est comparée proportionnellement avec l'ensemble des secteurs, la part des établissements de ce secteur en Wallonie est moins importante que la part d’établissements de l'ensemble des secteurs (21,9 % contre 29,6 %). Pour la Flandre, cette part est plus grande (64,6 % contre 57,8 %) ; elle reste relativement stable en région Bruxelles-Capitale.
Répartition des établissements entre les provinces wallonnes
En 2023, tout comme pour l'ensemble des secteurs, les établissements du secteur du transport et de la logistique (hors aérien) sont majoritairement localisés dans les provinces de Hainaut (35 %) et de Liège (près de 34 %).
Répartition des établissements et des postes de travail selon la taille de l'établissement en Wallonie
Si les établissements du secteur du transport et de la logistique (hors aérien) sont majoritairement de petite taille (près de 67 % de ces établissements ont moins de 10 travailleurs salariés en 2023), c’est 11 points de pourcentage de moins que si tous les secteurs sont pris ensemble (78 % des établissements tous secteurs confondus ont moins de 10 travailleurs salariés en 2023). En Wallonie, les établissements du secteur du transport et de la logistique (hors aérien) rassemblent 4,5 % des postes de travail salarié. Les postes de travail salarié sont plutôt localisés dans les établissements de plus grande taille : en 2023, 34 % sont dans des établissements de 50 à 199 travailleurs salariés, 28 % dans des établissements de 200 travailleurs salariés ou plus, et 28 % dans des établissements de 10 à 49 travailleurs salariés.
Évolution du nombre de postes de travail salarié selon les régions
En 2023, les 2.494 établissements situés en Wallonie employaient 50.166 postes de travail salariés, autrement dit de travailleurs assujettis à la sécurité sociale ; les travailleurs qui, à la fin d’un trimestre (en l’occurrence ici à fin décembre 2023), sont occupés par plus d’un employeur, sont comptabilisés plusieurs fois par l’ONSS pour ces statistiques.
Les 50.166 postes de travail salariés du secteur du transport et de la logistique (hors aérien) placent ce secteur, en 2023, à la 8ème position en nombre de postes salariés avec 4,5 % des postes en Wallonie (5,4 % des postes à l’échelle de l’ensemble de la Belgique, donnant, avec ses 228.959 postes, la 6ème place à ce secteur (hors aérien) toutes régions confondues). Afin d'avoir une mise en perspective, notons que, hors aérien, ce secteur comptait 47.859 travailleurs salariés en 2017.
Répartition des postes de travail salarié entre les régions
En 2023, près des 2/3 des emplois salariés du secteur du transport et de la logistique (hors aérien) sont situés en Flandre (64 %), un peu plus d'un emploi sur cinq (22 %) en Wallonie et un peu plus d'un sur dix (14 %) à Bruxelles-Capitale. Le secteur compte, proportionnellement à l'ensemble des secteurs, plus d'emplois en Flandre (64 % contre 58 %) et un peu moins pour la Wallonie (22 % contre 26 %) et une proportion similaire pour Bruxelles-Capitale.
Répartition des postes de travail salarié entre les provinces wallonnes
En 2023, tout comme pour les établissements, la localisation majoritaire des travailleurs salariés du secteur du transport et de la logistique (hors aérien) est la province de Hainaut et de Liège (qui rassemblent respectivement 38 % et 35 % des postes salariés).
Répartition des postes de travail salarié par genre et catégorie d'âges
En 2023, la répartition selon le genre indique que peu de femmes travaillent actuellement dans le secteur du transport et de la logistique (hors aérien). En Wallonie, les travailleurs salariés du secteur sont à 83 % des hommes et à 17 % des femmes.
Sous l’angle de l’âge, en 2023, 33 % des postes salariés du secteur du transport et de la logistique (hors aérien) sont occupés par des travailleuses et travailleurs ayant 50 ans ou plus. Pour les hommes salariés du secteur, 32 % ont 50 ans ou plus ; pour les femmes, 30 % ont 50 ans ou plus. En observant les tranches d’âge des plus jeunes, il apparaît que 5 % des travailleuses et travailleurs du secteur du transport et de la logistique (hors aérien) ont moins de 25 ans. Pour les hommes salariés du secteur, 5 % ont moins de 25 ans ; pour les femmes, 5 % ont moins de 25 ans.
Les indépendants
En 2023, le secteur du transport et de la logistique comptait 5.997 indépendants(2) en Wallonie, soit 20 % des 29.773 indépendants actifs dans ce domaine en Belgique. À l’échelle de la Wallonie, il s’agit du 14ème secteur comportant le plus d’indépendants.
(2) Un travailleur indépendant est toute personne physique qui exerce en Belgique une activité professionnelle en raison de laquelle elle n'est pas engagée dans les liens d'un contrat de louage de travail ou d'un statut (INASTI).
Métiers associés à ce secteur
Sélection des métiers les plus demandés par les entreprises de ce secteur d'activité.
Offres d'emploi liées au secteur
Commission paritaire
- 137 Commission paritaire de l'industrie de la réparation de navires dans la zone portuaire anversoise
- 139 Commission paritaire de la batellerie
- 140 Commission paritaire du transport et de la logistique
- 226 Commission paritaire pour les employés du commerce international, du transport et de la logistique
- 301 Commission paritaire des ports
- 316 Commission paritaire pour la marine marchande
- 328.01 Sous-commission paritaire du transport urbain et régional de la Région Flamande
- 328.02 Sous-commission paritaire du transport urbain et régional de la Région Wallonne
- 328.03 Sous-commission paritaire du transport urbain et régional de la Région de Bruxelles-Capitale
Liens
Date de mise à jour 01 juin 2025
Chiffres clés du secteur
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2494 établissements
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50166 postes de travail
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5997 indépendants